Pour un divorce rapide et indolore avec le Royaume Uni

Dans les médias et les commentaires des personnalités s’estimant qualifiées, le ton catastrophiste domine à propos des conséquences pour l’Europe de la décision du peuple britannique en faveur du Brexit.

Ces conséquences seront fâcheuses pour le Royaume-Uni : baisse de la livre sterling, réduction du pouvoir d’achat, fragilisation de la place dominante occupée par la City, perte d’influence en Europe et dans le monde, risques accrus sur l’unité du royaume avec le réveil possible de l’indépendantisme écossais et nord-irlandais ou l’avenir incertain de Gibraltar (95% de Remain). Tout homme attaché à la démocratie parlementaire et à la rule of law, toute personne connaissant le rôle historique de la Grande-Bretagne dans l’avènement de la modernité libérale, tout individu ayant suffisamment de mémoire historique pour se souvenir du rôle essentiel joué par nos amis britanniques durant les deux guerres mondiales et depuis lors pour la cause du monde libre, ne peut se réjouir de ces sombres perspectives pour Albion. Si l’on ajoute à cela qu’un des auteurs de cet article a des origines anglaises, nos lecteurs comprendront aisément notre tristesse.

Un contre-exemple salutaire

Toutefois, cette tristesse ne s’étend pas à l’Europe. En Européens convaincus, nous ne croyons pas tant à l'effet domino qu’au contre-exemple salutaire du Brexit. L’écho médiatico-politique est surdimensionné. L’Angleterre n’était que le grain de sable qui empêchait le moteur de l’UE de tourner à plein rendement. Le Royaume-Uni obtenait exemptions ou accommodements tous azimuts, bénéficiait d’un rabais inique sur sa contribution au budget communautaire, tout en jouissant d’une influence politique démesurée sur l’Union, trop souvent au service d’intérêts extérieurs, influence qui renforçait le camp déjà fourni de ceux qui n'imaginent jamais l'Europe comme pouvant avoir une voie propre dans le monde. En outre, ce choix du Leave par les électeurs britanniques élimine des décisions le pays qui luttait avec un acharnement très organisé contre la présence du Parlement européen à Strasbourg. 

Ce vote a confirmé la défiance des peuples envers l’Europe telle qu’elle fonctionne encore à Bruxelles, entre queues de comètes des chimères supranationalistes et facilités de la technocratie. Ainsi l’exit britannique est-il une chance, peut-être la dernière, de renouer avec la grande ambition paneuropéenne portée par Richard Coudenhove-Kalergi après la première guerre mondiale : construire une Europe indépendante et souveraine, ne prenant ses ordres ni à Washington ni à Moscou ni ailleurs, solidaire, formant progressivement une Europe unie des États et non les utopiques États-Unis d’Europe. On sait combien ce message paneuropéen rencontra les convictions européennes du général de Gaulle, au point que c’est à sa demande que fut créé en 1960 notre Comité français de l’Union paneuropéenne.

Ce départ : une chance pour l’Europe

C’est à la lumière de cette noble ambition que nous percevons ce départ comme une chance pour la certaine idée de l’Europe qui est ainsi la nôtre. Pour nous, le Brexit a mis fin au cauchemar anglais de l’Europe. Pour une fois claires et nettes dans leur propos, les institutions de Bruxelles et les principaux gouvernements de l’Union entendent négocier avec Londres la sortie des Britanniques la plus rapide possible de l’Union européenne. On nous dit que cela pourrait durer deux ans, et non pas six ou dix, comme le souhaitent visiblement, ceux qui réalisent à Londres qu’ils ont commis une erreur monumentale. Une erreur commise parfois, à l’instar de Lord Brexit alias Boris Johnson, pour de bien mesquines ambitions. Ambitions médiocres qui n’ont pas été sans lien non plus avec la décision de David Cameron d’organiser ce référendum, Waterloo du Royaume-Uni et libérateur pour l’Europe.

Nous ferons pression, nous à Paneurope, pour que le processus de divorce soit rapide et sans douleur pour nos peuples. L’Europe ne peut pas continuer à traîner le boulet anglais comme depuis des décennies. Le patient anglais n’est plus notre affaire. Il a rejeté la médication européenne qui l’avait pourtant guéri de mainte blessure, y compris en l’aidant à cicatriser le drame irlandais qui avait tant fait couler de sang. S’il veut user maintenant d’automédication, grand bien lui fasse !

Et même s’il déclenchait, ce dont nous doutons quelque peu, le fameux « effet domino », « la contagion » par recours à l’article 50 du traité de Lisbonne qui autorise la sortie de l’Union européenne, pourquoi le craindre ? Peu importent les lemmings européens qui emboiteraient le pas à une Grande-Bretagne suicidaire. Quant au mimétisme exercé par le référendum anglais sur une opposition française tentée cette mortelle aventure pour se parer de démocratie populaire, rappelons-leur divers déboires français de la démocratie référendaire, en 1969 et en 2005.

Où est l’urgence ?

Il est humain de se tromper, diabolique de persévérer dans l’erreur. A cette heure, l’urgence est ailleurs. Elle est dans le rassemblement des six pays fondateurs, en ajoutant à ces derniers ceux qui sont fidèles à l’ambition des Pères fondateurs, nous pensons à l’Autriche ou l’Espagne notamment. Ajoutons que tous ces pays font partie de la zone euro et de l’espace Schengen que nous allons rebâtir autrement. Elle est dans leurs efforts conjugués pour renouer et rénover le projet initial, pour réinventer une Europe forte, indépendante, solidaire et démocratique.

La démocratie européenne ne sera pas renforcée par la multiplication de référendums enfermant les peuples dans des choix binaires simplistes et stérilisants. Elle sera vivifiée par l’application systématique du principe de subsidiarité, auquel Paneurope est si attachée, à savoir que chaque instance, même la plus petite, de l’Europe globale à la commune et à l’entreprise locale en passant par la région et la nation, doit pouvoir décider des affaires qui la concernent et d’elles seulement. Quitte à déléguer les intérêts vitaux du continent à des élus européens sous contrôle. On nous dit que seule la France dispose encore d’assez de crédibilité politique pour proposer un nouveau modèle européen ouvrant la sortie et tirant la leçon de la crise du Brexit. Cela devrait être la logique même, mais notre affaiblissement économique et notre désordre social, la mollesse de notre gouvernement ont permis à une chancelière allemande pourtant très affaiblie et sans grand avenir de reprendre l’initiative.

Sortie échelonnée jusqu’aux calendes grecques ?

Mme Merkel a proposé la création d’un centre de pilotage formé de représentants des six pays fondateurs. Pourraient s’y joindre ceux qui voudraient. C’était une proposition intéressante, conçue pour limiter les dégâts sur les marchés. Mais elle a vite fait machine arrière pour revenir à sa tactique bien connue de la temporisation. Repoussera-t-elle la sortie des Anglais aux calendes grecques. Ce qui donnerait le temps à la stratégie anglaise, celle du doute et du double jeu, de contaminer des États partenaires et de donner des ailes aux partis europhobes, étant donné que voter contre l’Europe semblerait moins redoutable puisque cela ne tirerait pas à conséquence. Enfin Angela de Berlin craint de perdre son soutien britannique qui lui permettait de contrebalancer le poids de la France. De grâce, ne suivons pas la chancelière allemande, n’accordons aux Anglais aucun répit qui leur permettrait encore et encore de pratiquer cet art tout britannique du in et out. Les vrais Européens doivent rester fermes.

Mme Merkel a commis quelques erreurs qui ont coûté cher à l’Europe, favorisé l’essor de mouvements europhobes, disloqué politiquement notre continent, et, disons-le franchement, contribué à la victoire du Brexit. Elle s’est engagée sur ces sentiers pentus et glissants sans consulter ses partenaires européens ni même parfois – à commencer par sa renonciation unilatérale et précipitée à l’énergie nucléaire – le Bundestag : traité avec la Turquie sur les migrants qui donne des pouvoirs de chantage à Erdogan, promesse aux Chinois de les aider à acquérir le statut d’économie de marché, forcing discret en direction du grand traité de libre échange transatlantique. Si l’Allemagne a vu diminuer la pression migratoire sur son sol, elle le doit à des États comme l’Autriche et la Hongrie qui lui ont désobéi en bouclant leurs frontières. Alors que Hollande et Macron, bien d’accord avec Wolfgang Schäuble et Sigmar Gabriel outre-Rhin, proposent une intégration renforcée de la zone euro, la chancelière défend maintenant les solutions à 27, c’est-à-dire loin de l’Europe noyau, de l’Europe avant-garde que veulent les Français.

Mme Merkel va-t-elle devenir le frein à l’Europe après le départ de Cameron ? Il faudra attendre qu’elle prenne sa retraite à l’automne 2017.

Les électeurs commencent à comprendre

A l’encontre de tous les pronostics, les électeurs espagnols ont fait la preuve le 26 juin qu’ils comprenaient que filer à l’anglaise implique un risque majeur. Le parti anti-establishment et anti-européen Podemos a subi un coup d’arrêt irréversible malgré une faible participation au scrutin qui aurait dû favoriser ses militants. Le parti conservateur au pouvoir a progressé. Pas assez encore, mais n’est-ce pas la preuve que tout ne va pas mal en Europe après le Brexit ? Il faut le dire. Le Brexit n’a pas boosté les partis extrémistes, ni à droite, ni à gauche.

En novembre prochain, l’Union Paneuropéenne présentera à Strasbourg ses propositions. Son comité français y contribuera décisivement. C’est à ce moment-là que s’engageront les pourparlers de sortie de la Grande-Bretagne avec un nouveau Prime Minister dont nous espérons que ce ne sera pas l’étrange et exotique Boris Alexander dont le père, Stanley Johnson, député européen, avait fait son dada de la protection des gorilles sauvages.[1]

En 2014, l’ancien chancelier allemand, Helmut Kohl, avait lancé un « Appel européen » dans lequel il disait qu’on avait perdu de vue l’essentiel et qu’on n’avait plus une vue d’ensemble des problèmes. Il avançait que la politique européenne avait trop d’administrateurs, trop d’idéologies marxisantes ou simplificatrices, et trop peu de décideurs armés d’une vision et d’une boussole.

C’est parce que, pour notre part à Paneurope, nous n’avons jamais perdu cette boussole, celle qui orientait la vision de Richard Coudenhove-Kalergi, que nous ne cédons pas à la panique médiatiquement entretenue. Nous savons ce dont notre continent est capable, nous apprécions les acquis immenses de la construction européenne, nous mesurons les vastes chantiers qui demeurent pour bâtir l’Europe puissance que nous appelons de nos vœux. (27 juin 2016)

Stephen Lequet, maître de conférences à Sciences Po Paris, secrétaire général du Comité Français de l’Union Paneuropéenne (CFUP)

Jean-Paul Picaper, écrivain, membre du bureau du CFUP et du comité présidentiel de Paneurope International.

Schwere Vorwürfe gegen französischen Präsidentschaftskandidaten

Die satirische französische Enthüllungszeitung „Le Canard Enchainé“ beschuldigte François Fillon und seine Ehefrau englischer Abstammung Penelope der Scheinbeschäftigung. Die Staatsanwaltschaft hat Vorermittlungen eingeleitet. Fillon weist die Vorwürfe zurück.

Die Chancen des konservativen Präsidentschaftskandidaten François Fillon schwinden wegen des Verdachts der Korruption.

  • Enthüllungen über eine mögliche Scheinbeschäftigung seiner Frau Penelope setzen den Konservativen unter Druck.
  • Fillon hat sich im Fernsehen verteidigt. Doch seine Äußerungen waren schwammig und ungeschickt, er hat nicht überzeugt.

Warum das wichtig ist:

Fillon wurde zugetraut, in einer Stichwahl gegen Le Pen zu siegen. Nun stellt sich die Frage, ob er es überhaupt schafft, in die Endrunde der Präsidentschaftswahlen vorzurücken.

Bei dem an Wendepunkten und Überraschungen außerordentlich reichen Wahlkampf in Frankreich hätte man auf einiges gewettet, nur darauf sicher nicht: dass ausgerechnet François Fillon, der aufrechte Präsidentschaftskandidat der Konservativen, über eine Frauengeschichte stolpert, auch wenn es sich in diesem Fall um die eigene handelt. Unter dem Hashtag „#Penelopegate“ kann man das lesen, was seine Hoffnung, im kommenden Mai als Präsident in den Elysee-Palast einziehen zu können, zusehends schwinden lassen dürfte.

„Fillon will Frankreich wieder stolz machen“

Donald Trumps Wahlkampf-Versprechen war es, Amerika wieder groß zu machen - Fillon will Frankreich wieder stolz machen. Frankreich-Korrespondent Peter Heusch berichtet aus Paris.

Über Jahre soll Penelope Fillon, die diskrete, britische Gattin des 62-jährigen Kandidaten, eine halbe Million Euro erst als Parlamentsassistentin ihres Mannes, dann als die seines Nachrückers kassiert haben, ohne dass sie irgendjemandem bei dieser Tätigkeit weiter aufgefallen wäre. Es häufen sich die Aussagen von Fillon-Biografen, Parlamentsjournalisten, ja selbst Parteifreunden, die davon nichts gewusst haben wollen.

Abgeordneten ist die Beschäftigung von eigenen Ehefrauen, Kindern, von Müttern oder Mätressen in Frankreich gestattet. Das allein ist nicht strafbar. Aber sollte sich der Verdacht bestätigen, dass es sich um eine Scheintätigkeit gehandelt hat, wäre das mehr als ein Skandal: Es wäre das Ende des moralisch makellosen Kandidaten Fillon.

Talente bei Birnenkuchenwettbewerben

In genau dieser Pose hat er gegen seine parteiinternen Konkurrenten Alain Juppé und Nicolas Sarkozy die Vorwahlen gewonnen. Der eine ist vorbestraft; der andere, Sarkozy, hat so viele Verfahren anhängen, dass man den Überblick verliert. Zum Höhepunkt des Kampfes um den Platz des Kandidaten der Partei der Republikaner fuhr der ansonsten eher harmlose Fillon schweres Geschütz auf: „Hätte man sich vorstellen können, dass gegen General de Gaulle ein Verfahren läuft?“

Der „Canard enchaîné“ hat seinen Scoop in den schönsten Farben geschildert: Penelope, genannt Penny, die sich in ihren seltenen Medienauftritten als „Landfrau“ und Pferdezüchterin inszenierte, sei bislang vor allem für ihre „Talente als Preisrichterin bei Birnenkuchenwettbewerben“ aufgefallen. Das sei „frauenfeindlich“, konterte Fillon. Seine Frau könne eben doch viel mehr als Marmelade einkochen.

Als er Premierminister war, schien die Gleichberechtigung nicht unbedingt seine Priorität zu sein: Er verweigerte einer Frau einen Ministerposten, weil die Anwärterin schwanger war. Auch schien es bis diese Woche, als habe sich Penelopes politisches Engagement auf ihre Mitgliedschaft im Gemeinderat ihres kleinen Ortes im Bezirk Sarthes beschränkt. Für den hatte sie explizit als „Hausfrau“ kandidiert.

Seine Verteidigung war schwammig bis ungeschickt

Inzwischen hat auch das Finanzgericht Voruntersuchungen eingeleitet. Fillon kündigte an, ausreichend Material vorzulegen und zu beweisen, dass die Arbeit von Madame Fillon „real“ war: „Meine Frau arbeitet schon immer für mich, seit 1981, meiner ersten Wahl.“ Um weiteren Enthüllungen zuvorzukommen, fügte er hinzu, er habe als Mitglied des Senats zweimal seine beiden Söhne beschäftigt, „weil sie als Anwälte kompetent waren“.

Fillons Auftritt nach dem Angriff auf ihn war ruhig, aber seine Verteidigung schwammig bis ungeschickt: Jeder Parlamentarier habe einen Geldtopf für Assistenten, erklärte er, „mit dem kann er machen, was er will“. Doch als die Franzosen den 62-jährigen Fillon Ende November überraschend zum konservativen Präsidentschaftskandidaten wählten, war das ein Votum für Rechtschaffenheit, gegen Korruption und Filz. Eigentlich fehlte ihm nur noch die Soutane und man hätte ihn nicht für den Präsidentschaftskandidaten, sondern den Dorfpfarrer gehalten.

Zum Höhepunkt seines Feldzugs in Sachen Moralität setzte er sich ins Fernsehen und verteidigte seine beinharten Pläne zur Gesundheitsreform als „Gaullist und Christ“, weshalb er als Präsident niemals etwas tun werde, das gegen die Menschenwürde verstoße.

„Meine Frau ist bemerkenswert und außerordentlich“

Fillon, der sofort in die Abendnachrichtensendung ging, schien noch nicht begriffen zu haben, dass es nicht um die moralische Integrität von Penelope, sondern um seine geht: „Meine Frau ist bemerkenswert und außerordentlich“, versicherte er vor einem Millionenpublikum, „ich liebe sie, ich werde sie verteidigen und beschützen.“

Für eine literarische Beratertätigkeit bei einer Zeitschrift, für die sie ganze drei Buchkritiken geschrieben hat, kassierte Madame Fillon ebenfalls 100.000 Euro. Das Heft gehört einem Milliardär und Intimus ihres Mannes, und der Chefredakteur, der weniger verdiente, war nicht im Bilde.

Ob fiktive oder reelle Arbeit: für einen Kandidaten, der beinharte Reformen verspricht, ist das vernichtend. Zumal auch Fillon mit einer Beraterfirma ähnliche Summen verdient hat. Abgeordneten sind Beratertätigkeiten verboten. Deswegen hatte Fillon 2012 kurz vor seiner Wahl zum Parlamentarier diese Firma vermutlich gegründet.

Fillon bezeichnete die Anschuldigungen erwartungsgemäß als „infam“. Man habe ihn „zum Abschuß freigeben“, man werfe auf ich „Stinkbomben“, aber er werde sich „vor kein Medientribunal zerren lassen“, sagte er am Donnerstag. Es wird indes nicht die Presse sein, die über ihn richtet. Es werden die Wähler sein, die diese Aufgabe Ende April übernehmen. Mehrere seiner Parteifreunde sind jetzt der Meinung, er solle von seiner Bewerbung zurücktreten und einem anderen Kandidaten der gemäßigten Rechten diese Aufgabe übertragen.

Fillon jetzt unter Korruptionsverdacht

Keine hundert Tage vor den Wahlen wirkt die Stichwahl zwischen Fillon und der Rechtspopulistin Marine Le Pen nun immer unwahrscheinlicher. Fillon hat eine „Grundsatzrede“ angekündigt, die jetzt unter dem Stern des Korruptionsverdachts stehen wird.

Und während die Sozialisten bei der Endrunde der Vorwahlen mit großer Wahrscheinlichkeit den Sozialromantiker Benoit Hamon dem Realpolitiker Manuel Valls vorziehen und zu ihrem Kandidaten machen werden, wird von dieser neuen Konstellation vor allem einer profitieren: der parteilose Kandidat Emmanuel Macron, der zwar Wirtschaftsminister in der sozialistische Regierung von Manuel Valls unter dem Fittich vom Staatspräsidenten Hollande war, der aber kein Mitglied der Sozialistischen Partei ist und sich als Einzelgänger jetzt um das höchste Staatsamt bewirbt.

Macron verkündet Präsidentschaftskandidatur

Der frühere französische Wirtschaftsminister Emmanuel Macron tritt bei der Präsidentschaftswahl im kommenden Frühjahr an. Der 38-jährige Ex-Investmentbanker präsentiert sich als „Kandidat der Hoffnung".

Zweifellos wird der Angriff auf den ohnehin geschwächten Fillon auch Le Pen Stimmen bringen. Die hält sich aber mit Kritik zurück, weil gegen ihre Partei ein ähnliches Verfahren läuft. Zwischen einem moralisch nicht mehr einwandfreien Rechten und einem Sozialisten wie Hamon, der sich kaum von dem Antikapitalisten Jean-Luc Mélenchon unterscheidet, tut sich für den Zentristen Macron jetzt ein breiter Boulevard der Mitte auf. Es ist, als würden sich bei jedem neuen Wendepunkt die Sterne in eine Konstellation zu seinen Gunsten zu stellen.

Eine weitere katastrophale Folge dieser Entdeckung gerade beim Saubermann Fillon ist, dass dieser Skandal Wasser auf die Mühlen der rechtsradikalen Front National bringt, die die Republik als korrupt und verdorben anprangert und sie durch ein autoritäres Regime ersetzen will. Die Front National, die im Europarlament in der ENL-Gruppe der europafeindlichen Parteien mit der AfD zusammensitzt, will aus der EU und aus dem Euroverbund austreten, die Grenzen schließen, Frankreich in Autarkie versetzten.

Macron erscheint jetzt als der Retter der Demokratie, der in einer Stichwahl mit rechten und linken Stimmen die Frau Le Pen in die Schranken weisen könnte. In den Umfragen sammelt jetzt Marine Le Pen als Favoritin die meisten Stimmen unter den zahlreichen Kandidaten. Sie sieht sich schon als Staatspräsidentin. Manuel Valls machte in einer Fernsehdebatte darauf aufmerksam, dass die Front National ein Familienbetrieb der Le Pens ist und von Putins Kreditinstituten mitfinanziert wird, also nicht weniger korrupt als andere und des Hochverrats verdächtig. Daher auch europafeindlich und bereit, die deutsch-französische Zusammenarbeit zu kündigen. (Quellen: Die Welt, Reuters, t-online.Strassburger Werkstatt, 28.01.2017)

Un autre climat

Traitant des transferts d’autorité à son époque, Victor Hugo écrivait : « Après le Pape,  le Papier ! ». Il avait raison car nul n’ignore aujourd’hui l’importance de la presse dans la formation de l’opinion. Le peuple français en revanche n’a point suffisamment conscience que la possession de la presse est une affaire d’argent. On peut dire que, depuis la dernière guerre, la grande presse est passée sous le contrôle du capital, et que es titres tombent quand ils ne lui sont plus nécessaires. Et si l’on  a pu dire avec quelque excès que l’homme était « ce qu’il mange », il est plus juste de dire qu’il devient « ce qu’il lit ! » . Sans « l’Humanité » d’avant guerre, jamais le Parti Communiste n’aurait réussi à canaliser le monde ouvrier. Mais la matérialisation du peuple ayant été obtenue par la société bourgeoise capitaliste par d’autres moyens, « l’Humanité » est tombée, car il n’était plus nécessaire au capital d’agiter l’épouvantail communiste. De même, le socialisme, ou du moins son appareil, est passé dans la social-démocratie qui compose avec le Capital. Ce qui fut du ressort de la « Synarchie » condamnée par Pie XI ! Dans une société  ou l’entraineur du PSG, monsieur Blanc peut partir avec 22 millions d’Euros d’indemnités de licenciements, il est difficile de parler de justice sociale, dans le même temps que dans le centre de la France, les paysans  privés de revenus, vont frapper à la porte des « Restaurants du cœur ».

           La grande presse ne peut être qu’opportunisme, et sous des titres divers, elle mime la diversité des opinions alors qu’elle sert la même foire d’empoigne. On a prêté au Président Allende la déclaration suivant laquelle un journaliste était fait pour servir l’état, et non pas la vérité, mais cela pourrait être transposé avec tout autant de vraisemblance sur tout état qui se radicalise, quelle que soit sa couleur :  Ainsi sous le Gaullisme ou les journalistes libres payèrent un très lourd tribut au général radiophonique. Aujourd’hui, la magistrature française, suivant ce qu’en a dit Zemour, en arrive à sanctionner le délit d’opinion, puisque des juges ont pu le condamner au motif qu’il aurait « dépassé les limites autorisées au droit à la liberté d’expression ! » Par contre les limites de la liberté d’expression sous le pontificat Hollandien, ne furent point dépassées par les groupes de rappeurs, qui se vantaient de péter le fion de  la France sans vaseline, d’exploser les « visages de craie,  et de saigner les policiers comme des porcs : Le socialisme d’aujourd’hui, à géométrie variable, n’est plus celui de Jaurès, ni même celui de Guy Mollet ! Mais comme l’excès finit par tuer l’excessif, plutôt que, comme Allende  de se faire sauter la cervelle, François Hollande a choisi de prendre la retraite dorée que consent Marianne à tous ses maquereaux. Il s’éteindra dans le confort, et ce sera sa seule réussite. A moins qu’un gouvernement de Salut public ne surgisse des évènement, et ne change les donnes  établies par le profitariat..

          Car il y a du changement dans l’air. Ce n’est encore qu’une très légère brise, car jusqu’ici, nos grands Pitoyables avaient réussi  à bénéficier  de cette jobardise citoyenne et moutonnière qui fait qu’on se sent dans le sens de l’histoire en braillant ensemble :« Même pas peur ! » où « Nous sommes tous Charlie ». Cela aurait pu continuer, si le gouvernement eût démontré quelque virilité ! Hélas, le citoyen Cazeneuve tient davantage du rongeur que du cheval, et les complots qu’il prétend avoir déjoués n’ont guère plus de consistance que des bulles de savon : La réalité visible, c’est celle des crimes que l’on ne déjoue pas, parce qu’on a libéré des multirécidivistes,  et que ceux- là sont de plus en plus nombreux parce que traités par notre gouvernement comme des « Chances pour la France » !

          C’est qu’on a eu des complaisances pour l’adversaire. Car l’adversaire existe, et le « Surtout pas d’amalgame » ! masque l’extrême lâcheté  d’un « humanisme » qui espère sauver sa peau, en caressant l’adversaire dans le sens du poil. Et je me demande si le Pape François lui-même n’est pas tributaire de  notre temps puisqu’il semble avoir oublié la directive de Pie XII. « Ne tombez pas dans le songe creux  de gagner à vous l’adversaire en se mettant à sa remorque ! » Or c’est exactement ce songe creux qu’ont poursuivi, et la république laïciste, et l’Eglise progressiste ! Un déni à l’intelligence et au courage !

       Mais le changement s’amorce : L’invasion ou acceptée ou voulue produit une réaction , car elle n’était pas seulement imbécile mais criminelle, et le peuple sent confusément que chaque citoyen peut finir comme le Père Hamel. Voici ce qu’en dit Hasli Alidi de L’Institut d’études et de recherches du monde Arabe : «  Il faut lever les tabous ! Oui, parmi les migrants, les terroristes eux-mêmes le disent, il y a de l’entrisme ! L’organisation de l’Etat Islamique en profite pour envoyer des terroristes ! Oui, c’est vrai, il faut le dire, Ils viennent de Lybie ,de la Syrie ou du Liban… »

        Oui, la vaste entreprise mondialiste, qui a, en premier lieu, favorisé le réveil de L’islamisme, et tenté de casser par l’invasion, l’originalité des nations Européennes, ne peut plus cacher  l’étendue de ses crimes, et la réaction contre elle commence à porter ses fruits. Depuis que la Norvège a commencé à renvoyer ses suspects, le crime accuse une baisse de 72% ! Le Japon tirant les leçons de la faillite Européenne, a totalement interdit le territoire aux musulmans ! Et il n’est pas jusqu'à Cuba, qui ne saurait être suspecté de « droitisme » qui ne vienne d’interdire la construction d’une Mosquée! La Pologne  voit une très forte montée de la ligue contre l’invasion, à l’exemple de la Hongrie et de la République tchèque. Prenant exemple sur l’Angola, plusieurs Etats Africains interdisent l’Islam, et la réaction commence à gagner les Etats-Unis, ou au moins 7 Etats considèrent la Charia, en infraction avec la loi ! Même en Allemagne,  que l’on croyait presque totalement imbécilisée par Merkel, la réaction contre les métèques violeurs, est à l’ordre du jour…

          Mais le volte face le plus étonnant est peut-être, celui du Président turc, Erdogan, qui nous avait asséné des menaces typiquement islamiques du fait que nous ne voulions pas l’admettre dans l’Europe, et qui, aujourd’hui, accuse la coalition prétendument anti-Islamique de faire en sous-main le jeu du terrorisme, et il va jusqu'à confirmer le bruit qui avait couru, à savoir que les armes des Djihadistes, étaient d’origine occidentale ! Quelle gifle pour les va-t’ en guerre hexagonaux qui se gargarisaient des « droit de l’homme ! »

          Mais ce qui me paraît encore plus significatif, c’est la récente position de la Revue Golias, citadelle du progressisme le plus agressif, laudatrice de l’évêque bombardier d’Angoulême (Golias Magazine 159), et qui l’année dernière avait consacré un numéro entier à la déstabilisation de Monseigneur Aillet, évêque de Bayonne, jugé « traditionnaliste » ! Cet organe qui a repris avec plus de virulence le combat de Témoignage Chrétien disparu faute d’abonnés, vient de mettre une nuance à ses amours tapageuses avec l’Islam, ce qui prouve que le progressisme même méchant, n’est pas toujours entièrement bête ! Que dit l’ organe  des capitulards hexagonaux?

        « Pour qu’il y ait dialogue, il faut que les interlocuteurs avancent :En l’espèce, l’Islam doit faire son aggiornamento, travailler à mieux former ses fidèles à sortir de la littéralité ! »

         Certes les termes de ce souhait tiennent à l’utopie qui consiste à voir les choses comme on voudrait quelles soient et non pas comme elles sont. De cela, Bossuet disait que c’était « la pire aberration de l’Esprit ». Elle est dans le ton de l’idéalisme qui soutiendrait que l’on peut convertir les crocodiles à manger des carottes ! Néanmoins, pour la première fois, elle énonce une condition au dialogue. Peut-un jour découvriront-ils qu’il n’y a pas de Coran alternatif ! Et peut-être le Pape le découvrira-t-il aussi !

         Un autre signe des temps nous est donné par l’évolution de la presse. Elle est en tout point similaire à ce qui se passa lorsque Napoléon débarqua  au Golfe Juan pour reprendre le pouvoir. A 800 km de distance, le principal journal parisien parla avec indignation du débarquement de « l’Ogre » ! Et puis, au fur et a mesure que le cortège impérial montait vers la capitale, le journal parla de « Bonaparte », puis de « Napoléon », puis de « l’Empereur » pour terminer par : « Sa Majesté » lorsqu’il entra dans Paris ! Ainsi, toute la presse républicaine a-t-elle abondé un temps sur l’horrible tyrannie de Bachar el-Assad qui méritait les sanctions concoctées par Obama. Et puis lorsque Obama se retira du jeu, laissant pour faire la guerre le président Hollande, l’évêque bombardier d’Angoulême et quelques demeurés de moindre importance, les journaux ne surent trop quoi dire, mais ils continuèrent à accabler les troupes syriennes des atrocités commises par Daech. Aujourd’hui que l’histoire à magnifiquement cocufié le président Hollande et l’épiscope Dagens, les journaux parlent du Président Bachar, avec qui il faudra s’entretenir. Encore un petit effort et ils oseront parler du génocide du peuple Yésidi, et des soldats prisonniers, rôtis à petit feu par les Coraniques…

         J’en suis à me demander si les membres du bureau de l’Académie de Béarn qui ont soutenu l’honneur de l’évêque bombardier, en m’excluant de leurs petits bavardages, ne vont pas découvrir, eux aussi,  qu’ils ont quelque peu les mains éclaboussées de sang virtuel. Après tout l’Esprit souffle ou il veut, et, pour le bien de la patrie que peut-on souhaiter au seuil de l’année nouvelle, sinon qu’il ouvre les yeux de ces malheureux, ou qu’il les leur ferme ?

         Car, dans les deux cas, l’année aurait bien commencé. ! (Alexis Arette. Janvier 2017)