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VOIR NOTRE BILAN DE L'AFFAIRE BENALLA ET LA LETTRE DE CHRISTOPHE CASTANER (4ème article plus bas)

Record scandaleux en Allemagne : afflux de familles migrantes, hémorragie d’allocations familiales

Dans les dépêches de la très renommée Deutsche Presse-Agentur (dpa), le journaliste allemand Georg Ismar attire l’attention en ce mois d’août sur l’évasion des allocations familiales en nombre croissant vers des pays de notre continent qui vivent déjà largement aux crochets de l’Union Européenne.

Loin de dépenser sur place pour leurs enfants ces écus tirés du porte-monnaie des contribuables, des familles de migrants en nombre croissant évacuent ce Pactole vers la Roumanie et la Bulgarie. Il ne suffit pas aux tziganes, Sentis et Romas, originaires de ces pays de s’installer en Allemagne pour y vivre essentiellement de mendicité, ils misent aussi sur la nostalgie d’enfants dans un pays en proie depuis des décennies à une dénatalité pernicieuse.

Rappelons qu’à la différence de la France l’Allemagne accorde les prestations dès le premier enfant. Les deux premiers nés touchent chacun 194 euros par mois, le troisième 200 euros et chaque enfant suivant au-delà du troisième 225 euros. Le but est d’encourager une natalité qui n’arrive pas à décoller. Et cela malgré la petite baisse du nombre des avortements (sur une population de 82 millions d’habitants 99 715 interruptions de grossesse en 2014 et 99 237 en 2015,  après 135 000 en 2001). Les avortements sont en Allemagne pourtant moins nombreux, proportionnellement, qu’en France (en baisse à 211 900 en 2016 dont 197 800 en métropole sur une population de 66 millions d’habitants). Quelle aubaine pour les migrants que ces allocations dont les autochtones ne profitent guère faute de produire des enfants à eux !

Depuis plusieurs années, c’est devenu un sujet de discorde chez nos voisins et des nouvelles statistiques font monter la moutarde au nez des maires des grandes villes d’outre-Rhin. Le nombre des bénéficiaires étrangers d’allocations familiales a fait un bond en avant. Les caisses allemandes sont-elles la cible d’une énorme escroquerie à l’enfant ? L’État allemand verse plusieurs centaines de millions d’euros à des bénéficiaires venus de l’étranger européen, tendance fortement croissante. Sören Link, bourgmestre social-démocrate de la grande ville de Duisburg dans la Ruhr, est furieux : « Nous avons à Duisburg 19 000 migrants venant de Roumanie et de Bulgarie, des Sentis et des Romas. En 2012, ils n’étaient que 6 000 ». Les aires de jeu sont devenues des dépotoirs. Les habitants se plaignent des tas d’immondices, du bruit et des rats.

Ce n'est certainement pas la ville de Duisburg qui séduit ces « Néo-Duisbourgeois“. L’objet de leur convoitise est l’allocation familiale. En Roumanie, le salaire mensuel moyen est de 715 euros. Il va de soi qu’avec trois à quatre enfants et un peu de mendicité organisée, on est plus riche qu’en travaillant au pays d’origine, à supposer qu’on y trouve du travail. Or, tous les citoyens originaires de pays de l’Union Européenne comme la Roumanie et la Bulgarie ont droit à percevoir les allocations familiales dans le pays où ils travaillent ou résident.

S’ajoute que les formalités pour obtenir ces oboles sont ultrasimples. Il suffit de se faire enregistrer en tant que famille disposant d’un domicile fixe en Allemagne. Le formulaire est alors transmis automatiquement à la caisse familiale qui décompte le nombre d’enfants et verse l’argent sans autres forme de procès. "Que les enfants vivent en Allemagne ou en Roumanie ou Bulgarie, qu’ils existent réellement, ça, c’est une autre affaire“, déclare le bourgmestre Link qui n’est pas le seul parmi ses collègue à monter au créneau.

Et quand bien même, les immigrés donneraient le nombre véridique de leur progéniture, ils leur suffirait de mettre au monde sur place une ribambelle de marmots pour vivre comme en pays de cocagne sans se soucier de gagner leur vie. Ce que font d'ailleurs nombre d'entre eux. Nous travaillerons bien entendu pour les entretenir,nous autres.

Pourquoi ne pas trier davantage les migrants, n'accorder les prestations qu'aux ressortissants allemands et durcir plus encore les conditions d'accès à la nationalité allemande ? Ce n'est certainement pas le gouvernement de coalition de Mme Merkel qui pourrait le faire, encore que certains sociaux-démocrates aient perdu leurs oeillères.

Toutes les tentatives de réforme de cette règlementation ont jusqu’ici échoué. Elles se heurtent évidemment aux généreuses directives européennes. Il ne faut pas s’étonner que l’ultra-droite eurosceptique AfD gagne du terrain dans les intentions de vote. (ates67.fr, avec de larges extraits d'un article de Georg Ismar, dpa 09.08.2018)

Le Lobby pro-russe en France

Vu que le président Trump considère qu'il existe une guerre commerciale avec l'Europe, son "ennemie" en la matière, et malgré les concessions obtenues de lui le 25 juillet dernier par Jean-Claude Juncker, c'est devenu clair que l'indépendance de l'Europe vis à vis des USA doit progresser et s'affirmer. Nous ne voulons pas être touchés par une nouvelle crise américaine, comme ce fut le cas de la crise boursière de 1929 et bancaire de 2008, venues toutes deux de New York. La première a favorisé la promotion d'Hitler et mené à la Seconde Guerre mondiale. La seconde a pu être heureusement à peu près cautérisée grâce à la solidarité des membres de la zone euro et à l'existence de la monnaie européenne qui avait vu le jour peu d'années avant.

Une monnaie que les Etats-Unis ont tenté de torpiller de diverses manières de son lancement à nos jours, mais sans y parvenir. Ils ont bénéficié pour cela de l'aide du Kremlin accordée aux milieux russophiles français. Que Marine Le Pen n'ait pu se rallier à l'euro avant les dernières présidentielles françaises est révélateur. Pourtant ce ralliement lui aurait rapporté un bien meilleur score. Les trois quart des électeurs veulent en effet conserver l'euro. Mais elle a préféré se lancer dans des élucubrations confuses sur la création d'une double monnaie franc-euro comme préconisé par un économiste français qui est membre de l'Académie des sciences russe (selon Internet). Elle ne pouvait pas dire oui à l'euro. Moscou n'aurait sans doute pas aimé cela. Il en est ainsi quand on est dépendant d'une puissance étrangère.

L'Euro non seulement a survécu aux attaques. Mais il devient un élément-clé dans notre émancipation de la tutelle américaine. Dans divers domaines, Internet, monnaies, espace, des groupes de pays, cherchent à se dégager de l'emprise américaine. Si, pour la première fois peut-être, la Russie a reconnu indirectement l’existence de l’Union Européenne, elle l'a fait à travers sa monnaie (voir la page ci-dessous). Mais il ne faut pas perdre de vue les objectifs stratégiques de Moscou. Le but est évidemment de profiter de la discorde commerciale entre l’Europe et les Etats-Unis, voire de l’envenimer. L’objectif secondaire du Kremlin est de raccrocher l’UE à l’évanescente Eurasie, création de Poutine, qui ne mettrait pas long à satelliser l’Europe centrale et occidentale. Reste que c’est une piste qui s’ouvre pour faire de l’euro une monnaie indépendante du dollar et qu’il y a là matière à réflexion.

Ceci dit, nous autres à Paneurope France ne voulons pas donner dans le panneau. Un lobby pro-Russie de Poutine s'est constitué en France avec le Rassemblement National de Marine Le Pen, mais aussi en parallèle et en coopération occasionnelle avec ce dernier au sein de diverses associations et clubs. Les motivations sont diverses. On y retrouve des supposés Gaullistes qui n'ont pas compris la politique de puissance européenne indépendante, équilibrée, entre les USA et l'URSS, aujourd’hui la Russie, que préconisait le Général de Gaulle. Il ya aussi parmi eux des personnages téléguidés et motivés par Moscou. En la matière, les Russes utilisent les méthodes américaines d’influence et d’aide matérielle pratiquées depuis 70 ans.

Agressivement antiaméricains, ces gens sont aveuglément pro-Poutine. Et Trump est du pain béni pour eux. Les pressions et chantages auxquels il soumet ses partenaires leur donnent du grain à moudre. Nous ne nous en émouvrions pas, car ces milieux sont encore marginaux sur l'éventail politique, mais il y a parmi eux d’anciens membres du parti gaulliste et même des dissidents ou égarés de Paneurope France. Certains pensent pouvoir créer une autre Paneurope pro-russe en marge de notre association et même de Paneurope International notre maison mère.

Nous indiquons à nos lecteurs que cette fausse Paneurope inventée de toutes pièces par un ancien sympathisant esseulé mais utilisé peut-être à son insu comme caillou dans la chaussure,  n'est pas représentative de notre mouvement, comme confirmé à deux reprises par l’assemblée générale de l’Union Paneuropéenne Internationale, seule légitime pour statuer.

Ceci dit, nous ne sommes pas hostiles à des relations équilibrées et amicales avec les Russes, mais sans dépendre du Kremlin et de ses organes. (Paneurope France - Comité Français de l’Union Paneuropéenne CFUP, le 26 juillet 2018)

La prééminence des Etats-Unis contestée dans des secteurs de pointe

Ariane 5 a lancé quatre satellites Galileo : plus précis que le GPS américain.

Le mercredi 25 Juillet 2018, une fusée européenne Ariane 5 a décollé avec succès depuis le Centre spatial guyanais Kourou à avec à bord quatre nouveaux satellites d'une masse de 715 kg chacun pour le système de navigation européen Galileo.

Pour cette mission d'une durée nominale de 3 heures 56 minutes et 54 secondes (du décollage à la séparation des satellites), il s'agir8a de placer les satellites sur une orbite circulaire d'une altitude de près de 23 000 km. S’il n’y a pas de problème, ils seront opérationnels dans six mois.

Initié en, 1999, le système de localisation par satellite européen se rapproche de sa mise en service totale en 2020 comme le souhaitent la Commission européenne et l’Agence spatiale européenne ESA. Sa précision sera inférieure au mètre, deux fois meilleure que celle du GPS américain avec sa précision de deux mètres,  supérieure à celle du système russe Glonass (5 mètres) et de u système chinois Beidou (10 mètres).

D’autres satellites seront lancés à partir de la fin de 2020 avec le nouveau lanceur Ariane. Douze sont déjà commandés sur orbite à 23 222 k d’altitude. L’objectif est d’avoir trente satellites en orbite pour former la Constellation Galileo, vingt-quatre étant le strict nécessaire. Les six supplémentaires serviront à gérer la fin de vie des premiers lancés ou en cas de panne. Le dernier lancement de quatre satellites entre-temps opérationnels fin 2017 avait permis de passer d’une disponibilité de service de 80% à 90%. En 2020 on sera donc à 100%. (Atelier de Strasbourg, 26/07/2018)

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Les BRICS (Brésil, Russie, Inde, Chine et Afrique du Sud) vont se doter de leur propre gouvernance Internet afin d’échapper au contrôle des États-Unis...

Jusqu’ici l’Internet est gouverné par l’ICANN (Internet Corporation for Assigned Names and Numbers), une association para-administrative du département du Commerce des États-Unis.

La nouvelle gouvernance d’Internet est une proposition du Conseil de sécurité nationale russe. On ignore comment elle s’articulera au système de DNS alternatif déjà en vigueur en Chine.

Si ce système est étendu, les États-Unis perdront le contrôle des télécommunications mondiales. On conçoit que les Russes veulent protéger leur Internet de sa visibilité par les Etats-Unis, mais cela permettra peut-être aussi d'interdire l'accès du système américain aux Internautes russes et chinois.

On assistera à une division de l’Internet en deux, les sites ne pouvant être accessibles à tous quelle que soit la localisation des internautes qu’à la condition d’une inscription dans chacun des deux systèmes. (Atelier de Strasbourg, 26/07/2018)

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La Russie propose à l'UE de remplacer le dollar par l'euro...

Lors du Forum économique international de Saint-Pétersbourg, le ministre des Finances russe, Anton Siluanov, a suggéré que la Russie pourrait abandonner le dollar comme devise pour ses paiements internationaux, et lui substituer l'euro.

"Comme on peut le voir, les restrictions imposées par les partenaires américains sont d'une nature extraterritoriale… si nos partenaires européens déclarent leur position sans équivoque [contre l'expansion des sanctions américaines], nous y verrions certainement une solution en utilisant la devise européenne, l'infrastructure des organisations de règlement financier européennes pour le paiement des biens, des services, qui tombent souvent sous le coup de diverses restrictions", a déclaré Siluanov, qui est également vice-Premier ministre (notre photo ci-dessous), lors du Forum Économique International de Saint-Pétersbourg (SPIEF), qui se tient actuellement.

Rusal en graves difficultés

Cette déclaration intervient alors qu'on a appris qu'Aleksandra Buriko, CEO du géant de l'aluminium russe Rusal, et la moitié de son équipe dirigeante viennent de donner leur démission, sans doute pour protéger l'entreprise contre les dernières salves de sanctions américaines. Celles-ci ciblent en effet Oleg Deripaska, l'oligarque fondateur de Rusal, qui est soupçonné d'avoir joué un rôle dans l'ingérence russe dans les élections américaines. Le renoncement de Deripaska au contrôle de Rusal était l'une des conditions imposées par Washington pour la levée des sanctions imposées à la Russie sur ses exportations d'aluminium.

Récemment, les actions de la firme avaient chuté en bourse, compromettant la capacité de cette dernière à emprunter de nouveaux capitaux. Bloomberg a rapporté que Deripaska aurait même demandé au gouvernement russe d'acheter de l'aluminium pour les réserves d'État, ce qui peut être assimilé à une demande de sauvetage de l'entreprise.

Le roi dollar

Cet enchaînement révèle à quel point la Russie est affectée par les sanctions américaines. Celles-ci fonctionnent parce que les Américains ont une arme imparable: le dollar est encore aujourd'hui la devise de réserve du monde, incontournable pour les transactions internationales.

La seule solution pour la Russie, c'est donc de trouver des alternatives valables au dollar. Le yuan en est une, et la Russie travaille activement avec la Chine pour développer les paiements dans la devise chinoise. Mais l'euro en est aussi une autre.

L'Europe de plus en plus proche de la Russie... qu'elle le veuille, ou non

Mais Siluanov a posé une condition à l'adoption de l'euro : il veut que l'Union Européenne se prononce contre la dernière salve de sanctions contre la Russie.

À l'origine, l'Union Européenne avait approuvé les sanctions contre Moscou, mais ce soutien s'affaiblit de plus en plus. Le bloc a été lui aussi affecté par l'augmentation des taxes douanières américaines sur l'acier et l'aluminium. Rusal est le fournisseur de plusieurs industriels en Europe, et ses difficultés menacent de se répercuter sur ces entreprises. Un certain nombre d'usines serait déjà menacées de fermeture sur le Vieux Continent, en raison de leurs récentes difficultés d'approvisionnement. De même, le retrait américain de l'accord nucléaire iranien a consterné les dirigeants européens, qui tentent désormais de sauver l'accord.

L'Europe est aussi de plus en plus dépendante du gaz russe (en particulier l’Allemagne et l’Autriche), et bien que le bloc ait cherché à s'en affranchir, les exportations de gaz naturel ont encore franchi un nouveau record l'année dernière, atteignant 194 milliards de mètres cubes (incluant la Turquie). La part du gaz russe au sein de la consommation totale de gaz de l'Union dépasse 35 %.

Une bascule du pouvoir monétaire international des États-Unis vers l'Eurasie?

Enfin, certains pays membres ne cachent pas leur sympathie pour la Russie. C'est notamment le cas du président tchèque Milos Zeman, qui vient récemment d'être réélu, et qui est un ami du président russe Vladimir Poutine. Il s'oppose aux sanctions qu'il qualifie de "destructrices et inefficaces".

Enfin, dernier point, et pas le moindre, en Italie - à la fois l'un des fondateurs et des poids lourds de l'UE - le "contrat de gouvernement" présenté par la coalition des partis populistes au pouvoir prévoit l'abandon des sanctions économiques contre la Russie.

“Si l'Europe répondait affirmativement, du jour au lendemain l'équilibre du pouvoir monétaire du monde basculerait des États-Unis vers l'Eurasie. Nous attendons maintenant la réponse de l'Europe", conclut le site. (Audrey Duperron, d'après le site Zero Hedge. 25 mai 2018)

Ce qu’il s’est passé le 1er mai place de la Contrescarpe est grave, mais une dérive individuelle ne fait pas une affaire d’État.

"Ce qu’il s’est passé le 1er mai place de la Contrescarpe est grave, mais une dérive individuelle ne fait pas une affaire d’État". Cette phrase a fait le titre de la lettre de Christophe Castaner, Délégué Général de « La République En Marche ! », adressée aux militants de son mouvement. Heureusement, les députés de LaREM, la République en Marche, ont rejeté sans problème le 31 août la motion de censure déposée par l'opposition à l'Assemblée Nationale et ils pourront continuer à voter les réformes indispensables à la modernisation de la France que les gouvernements et présidents préédant Emmanuel Macron n'ont pas tenté de mettre en oeuvre, par lâcheté, négligence ou bloqués par les corps intermédiaires. Une politique de réformes ne sera peut-être plus possible dans un futur parlement si En Marche introduit la dose de proportionnelle voulue par François Bayrou.

Je suis d'accord avec M. Castaner concernant la seconde partie de son tite, mais pas la première. « Ҫa » n’est pas aussi grave qu’il l’affirme. Des semaines durant, dans le trou de l’été, on n’a parlé que de Benalla. Au point de rendre les Français allergiques aux médias. A des fins politiciennes, l’opposition parlementaire et des médias à ses ordres, "Le Monde", "Libération",ont exploité quelques vidéos providentielles montrant des empoignades commises par un homme puis par deux dont l’un casqué et brassardé comme un policier s’acharnant sur des victimes sans défense. Coupées de leur contexte, ces scènes dégageaient une impression de brutalité inouïe. De quoi émouvoir dans les chaumières car cela passait et repassait au petit écran. Les habitués des films à suspense se sont  toutefois demandé ce qui avait bien pu se passer « avant » et « après ». Les plus perspicaces se sont interrogés sur le « pourquoi » et le « comment » de ces images.

Et les plus sceptiques ont posé la question « cui bono » : « à qui profitent » ces images ? Il ne fallait pas chercher bien loin. L’objectif des députés contestataires et de leurs montreurs de vidéos était de bloquer une réforme du parlement qui va supprimer un tiers de leurs mandats électoraux, tant au Sénat qu'à l'Assemblée. C’est pour ne pas perdre leurs titres et salaires qu’ils ont mis en œuvre un de ces processus de scandalisation qui rythment aujourd’hui le débat politique.

Pianotant de « do » à « si » sur la gamme de la vertu outragée et de l’indignation républicaine, les amis de M. Mélenchon et Mme Le Pen ont multiplié les séances en commission d’enquête,  en réclamant la comparution devant les Assemblées de personnes qui n’apparaissaient pas sur les vidéos. Sans craindre le ridicule, Mme Le Pen a déployé d’énormes efforts pour faire impliquer celui qui l’avait ridiculisée sur un plateau de télévision lors du dernier débat des présidentielles.

Ils ont fait l’impossible pour recycler l’assemblée des élus de la République en tribunal révolutionnaire. Voulaient-ils voter la mort du Roi ou celle de Danton ? Pour le moment, cela a foiré, mais ce n’était qu’un essai. Il y aura des rééditions. Ils éprouvent de la haine envers celui qui les a réduits à un rôle de figurants. Ils ne savent comment faire pour le renvoyer à sa charrue dans quelque banque ou institution et s'emparer du pouvoir de l'Etat pour casser l'Europe et ruiner à nouveau notre économie.

Faute d’avoirpu amener le suprême responsable de leurs échecs devant un tribunal des élus, ils ont donc concocté cette motion de sangsue, pardon, on dit : motions de censure contre le Président ou contre son Premier ministre qui n’apparaissent pas sur les vidéos. On a honte d’avoir appartenu au temps jadis à un parti qui s’appelle aujourd’hui le LR quand son chef Laurent Wauquiez s’associe sur ce coup tordu à la Marine bleue dont bien des anciens adeptes se détournent en se pinçant le nez, et aux sans-culottes de Mélenchon.  Ce coup foireux a été un coup d’épée dans l’eau. Reste que la réforme n’aura pas été votée, qu’ils ont gagné le temps d’un été et peuvent encore espérer que rien ne changera jamais dans l’Hexagone de Dame Tartine avant l’Apocalypse.

Mais la donne a changé. Le dit Benalla dont on ne mentionnait guère le prénom pourtant bien de chez nous, a répondu longuement le 28 août au JT de 20 h. Et l’on a découvert non pas une brute épaisse, un gorille descendu de son arbre, mais un homme intelligent, instruit, pas arrogant, parlant avec maîtrise d’une voix claire dans un français superbe. Alors, là, les téléspectateurs se sont dits que le président de la République choisissait bien ses proches et collaborateurs. Les déclarations d'Alexandre Benalla étaient logiques et réaliste, bien supérieures aux aboiements de bassets qu’on entendait depuis des jours et des jours.

Il a surtout dit que les vidéos n’ont pas montré l’avant et l’après. Mais nous avions vu que, sur l’empoignade de la Contrescarpe, on voyait juste un instant en haut des clichés s’élever une épaisse fumée noire. Les anars du Bloc Noir incendiéaient des voitures et des commerces. Ils bombardaient de projectiles la police qui n’intervenait presque pas et était aussi débordée. Les deux individus qu’Alexandre Benalla et Vincent Crase tentaient de maîtriser dans ce contexte de bataille de rue avaient jeté les bouteilles d’un café sur les policiers. Ces derniers n’avaient pu calmer ces excités. « Des délinquants », a dit Benalla. Des forcenés, est-on tenté de dire. La police a eu une attitude essentiellement défensive, on s’en souvient, et les casseurs s’en sont tirés avec des peines légères ou furent remis en liberté. Tandis que nos élus se sont acharnés sur Benalla parce qu’il est contractuel de la présidence.

Ont-ils rendu ainsi un service à la République ? Parce qu'il a tenté de mettre hors d'état de nuire des fanatiques et exaltés au demeurant parfaitement organisés et sachant ce qu'ils font ? Toujours est-il que, malgré les apparences, des coups n’ont pas été portés, que Benalla et Crase n’ont fait usage ni de matraques ni d’armes, mais de leurs mains. Ils n’ont pas donné de coups de pied. Un bras s’est levé, mais il n’a pas frappé.On pourrait aussi comprendre leur colère contre ce type de manifestants, même s'il y a eu de leur part une erreur de compétence et un excès de zèle. C'est sûr que les représentants de l’ordre n'auraient pas dû céder à des pulsions et émotions.

Mais les images auraient dû montrer aussi la folie destructrice des manifestants aveuglés par l’ignorance idéologique ainsi que par une "haine antiflic" que ne partage pas la grande majorité des Français. Il faudrait que les pouvoirs publics se préoccupent des prêcheurs de l'extrême-gauche qui influencent beaucoup plus qu'on ne croit notre jeunesse. Se réclamant de la république, ils pratiquent un endoctrinement antirépublicain, disons le franchement, "totalitaire". Une certaine presse a encensé Mai 68 tout au long du premier semestre. L'intelligentsia culturelle et universitaire a largement approuvé des mois durant ce mot d'ordre. C'est un symptôme de plus d'un pathologie française qu'il va bien falloir éradiquer par la force de l'intelligence et de l'argumentation. Voilà qui devrait être à la une de nos médias. Il s'agit de faire reculer des groupements qui veulent détruire la démocratie.

Tant mieux pour lui si un quotidien du soir a augmenté son tirage avec la longue interview que Bennalla lui a donnée et si d’autres médias ont pu faire leurs choux gras de cette affaire montée comme un soufflé. Mais le soufflé s’est dégonflé, dès l’apparition de l’intéressé à la télévision. Il fut un temps où l’on parlait de la réforme de l’Europe, du problème migratoire et de la lutte contre le djihad. Va-t-on en parler à nouveau ? Reviendra-t-on aux choses sérieuses ? Et le dérèglement climatique, la dette du commerce extérieur, le chômage incompressible, les surcoûts du fonctionnement de l’État et des Assemblées, qu’en disent-ils ?

Quant à Benalla, l'instruction de son dossier d'un vide sidéral devra peut-être considérer que les moyens sont insuffisant pour maîtriser les amateurs d'émeutes et de putschs et pour contrer les arguments de leurs tireurs de ficelles. Pesonnellement, je ne vois rien de répréhensible à la vidéo qui le montrait ceinturant un photographe de presse pour l’éloigner du président. Il éloigne l’homme en le ceinturant simplement. Pour avoir été journaliste de terrain, nous connaissons l’acharnement de certains photographes de presse.

Cette séquence n’a pas été montrée longuement et pour cause : là Benalla était dans l’exercice de ses fonctions. Il était dans le rôle du chien de garde assigné à protéger le président. Car, dans toute cette affaire, une réalité n'a pas été dite : comme toute personnalité publique, le président Emmanuel Macron risque sa vie. Les psychopathes et les terroristes (deux mots synonymes) ne manquent pas, hélas ! Si Henri IV avait eu des gardes de corps du genre Benalla autour de lui dans la rue de la Ferronnerie, la France se serait mieux portée de longues années encore et aurait préservé son indépendance par rapport aux puissances de l'époque envers lesquelles Marie de Médicis fut plus que bienveillante.

Il faut souhaiter au président qu’il trouve d’autres Benalla pour le protéger. Croyez-vous que les présidents Trump et Poutine n’aient autour d’eux que des demi-portions ? Or, le président Macron est un homme précieux pour la France. On attend de lui qu’il la modernise et la mette au diapason d’un monde qui ne l’a pas attendue. L’affaire Benalla a surtout montré que la médiocrité, déficience contagieuse, affecte aussi nos milieux politiques et médiatiques. Les ondes nous ont ressassé des sondages mesurés au thermomètre Benalla.

Je voudrais bien savoir sur quels paramètres et questions, on a jugé que 80% des Français et 60% des électeurs d’En Marche doutaient de M. Macron depuis le cas Benalla. On a même osé comparer cette affaire à la réduction de vitesse sur les routes secondaires : eh, oui, « on ne punit pas Benalla mais on punit les automobilistes ». La bêtise ne connait pas de bornes. Elle vole au ras du bitume. Ces sondages tendancieux et propagandistiques  sont tout simplement du pipeau. C'est comme ceux qui nous affirmaient que les personnes préférés des Français étaient Yannick Noah puis Omar Si. Où va-t-on chercher de telles énormités ?

J'ai rencontré descitoyens et citoennes qui en avaient ras-le-bol de l’affaire Benalla. Qui me disaient : « Ils en font trop «, «Benalla, Benalla, on n'entend plus que ça «. En chevauchant tout un été sur cette comédie, les élus de l'opposition ne se sont attiré que mépris. Certains reprochaient au président de n’avoir pas tapé du poing sur la table en disant : « Assez de co... (ici le mot courant pour bêtises)«. Je suis un peu triste qu’un homme comme Gérard Larcher ait fait mine de ne pas voir de telles dérives ! Il est vrai qu’il est là pour réduire le feu sous la marmite.

Tout Français qui a appris sa leçon d’Histoire sait à quelle vitesse les choses peuvent dégénérer à partir de prétextes monté en épingle comme le Benallagate. C’est une constante historique. Nul n’imaginait, lors de la fête de la Fédération en 1790 que la légalisation du crime prendrait le relais des « cahiers de doléances ». Et tous les révolutionnaires, Robespierre en tête, n’auraient pas reconnu qu’emportés par une sorte d’autorité sans visage, ils feraient le lendemain de faire ce qu’ils avaient désavoué la veille ! Seul Marat jetait à tout vent le prurit de ses ulcères en réclamant chaque jour plus d’hémoglobine. Et c’est ce monstre, que les « insoumis » de l’époque  glorifiaient à l’égal d’un Dieu !

Ni le philosophe autoproclamé Mélenchon, ni la fille parricide de J.-M. Le Pen ne parviendront à transformer la République en régime de Terreur avide de têtes qui roulent. Au cours de cette bataille Benalla, ils ont pataugé dans une boue qu'ils ont eux-même produite. Cela se verra plus tard et Laurent Wauquiez a eu bien tort de grimper dans cette galère. A toutes fins utiles, La République En Marche devrait recruter quelques Charlotte Corday armée, non pas de poignards, bien entendu, mais de caméras et de claviers d’ordinateur pour mettre sur la touche les petits Marats.

C'est animé de l'admiration constante que je voue à cette grande héroïne de notre Histoire de France que j'ai pris la liberté de publier ci-dessous la lettre de Christophe Castaner qui voit les choses évidemment de façon beaucoup plus nuancée et plus intelligente que moi. (Jean-Paul Picaper. 27/07/et 1/08/2018)

*    *

Chères adhérentes, chers adhérents,

Le 6 avril 2016, un mouvement nouveau qui allait transformer la vie politique était créé : En Marche ! J’étais là, aux côtés d’Emmanuel Macron, convaincu qu’il était nécessaire de dépasser les clivages en place qui gangrenaient la vie publique. J'avais, et j'ai toujours chevillée au corps, la sensation que notre pays regorge d’envie et de talents qui n’attendent qu’un coup de pouce pour se mettre en marche. J’avais, et j'ai, plus que jamais, chevillée au corps l’idée que nous pouvons faire mieux pour mettre en commun les intelligences et les talents au service de la transformation de notre pays. Aussi, et peut-être même surtout, j'étais, et nous étions tous convaincus que ce qui avait tué la confiance entre politiques et citoyens depuis tant d’années était une forme de résignation devant une politique qui n'était pas « propre », jamais exempte des reproches qu'elle ne manquait pas d'adresser aux autres.

Vous aussi, vous avez fait un jour cette démarche d’adhérer - et je vous en remercie, car c'est votre engagement qui fait la force du mouvement. Si chaque adhésion relève d'une démarche intimement personnelle, je m’aventure à penser que vous l’avez fait pour des raisons similaires, et notamment pour cette promesse d’exemplarité en politique.

Les lois sur la moralisation de la vie publique ont d'ailleurs été parmi les premières lois du quinquennat, dès le mois de septembre 2017, pour rétablir la confiance des citoyens dans leur démocratie.

Lorsque la vidéo de l’intervention d’Alexandre Benalla et de Vincent Crase à la manifestation du 1er mai est sortie, la question de l’exemplarité a pu se poser. Comme vous, j’ai vu ces images et comme vous, j’ai été choqué. Je les ai trouvées graves, inadmissibles.

Pour autant, que l'ensemble de l'opposition instrumentalise ces fautes individuelles pour tenter de mettre à mal notre République relève, en fin de compte, de ce refus que nous changions en profondeur notre pays.

Dans cette affaire, nous assistons, au final, à la coalition de ceux qui n'aiment pas l'État, des séditieux, de ceux qui rêvent d’une République affaiblie, avides de têtes qui roulent. Ce que l’on voit, disait Emmanuel Macron mardi soir (le 24 juillet, ndlr) devant les députés, c’est « une coalition baroque, qui ne trompe personne dans notre pays, de ceux qui prétendent provenir du gaullisme et qui en ont oublié tous les principes et la dignité. »  Nous ne les laisserons pas faire. Comme l’a dit le président de la République : « ce qu’il s’est passé le 1er mai est grave, sérieux et a été pour moi une déception, une trahison. Oui, mais cela, simplement cela. »

À aucun moment les faits n’ont été cachés. À aucun moment nous avons considéré que ce qu’il s’était passé n’était pas grave : des sanctions ont été données. À aucun moment nous n’avons voulu empêcher la justice de faire son travail.

En seulement 24 heures, le Sénat et l’Assemblée nationale ont mis en place des commissions d'enquête parlementaire. Ce sont des témoins indispensables de la vitalité de notre démocratie.

Une mission interne de l’IGPN, la police des polices, a été ouverte pour mettre en lumière les différents dysfonctionnements. Le Premier ministre s’est engagé à en rendre public le rapport.

Enfin, une enquête judiciaire a été ouverte. Nous nous tenons bien évidemment à l’entière disposition de la justice pour l’aider dans son travail.

Je le serai aussi, notamment devant la commission d’enquête du Sénat mardi prochain (31 juillet, ndlr).

Car, au final, c’est cela la République exemplaire. Une République exemplaire n’est pas une République où ne se commet ni erreur, ni faute, mais une République qui les regarde en face, qui en accepte les conséquences et qui les corrige. Ce système de contrôle doit être prompt, libre et juste. Démocratique et transparent.

Je sais que beaucoup d’entre vous ont pu être heurtés. Comme vous, je ne me suis pas engagé en politique pour voir de telles images.

Mais ne laissons pas des actes isolés entacher nos engagements personnels et collectifs, compromettre notre détermination à mettre en œuvre le projet pour lequel les Français nous ont demandé d'agir. Ces moments ne doivent pas nous diviser ou nous détourner de notre mission ; ils doivent nous pousser à toujours plus d’exemplarité.

Nous n’oublions pas pourquoi nous sommes là : pour transformer, ensemble, notre pays en profondeur. Alors, nous restons au travail. En Marche !

Bien à vous,

Christophe Castaner, Délégué Général de La République En Marche ! (le 26/07/2018)

Le feuilleton de l'été

Nous publions ci-après un article rédigé le 25 juillet et mis en ligne le 31 août par le magazine Internet du Béarn, sis à Pau, « Alternatives Pyrénées », qui donne une analyse pertinente du rôle joué par les médias dans l’affaire Benalla, d’abord par « Le Monde » qui a allumé le brûlot, repris par tous ses confrères en mal de copie, avec une tentative de rallumage en fin de course par « Libération ». Cette  ultime relance du quotidien de la gauche, se fonde sur de vagues photos de comparses prises essentiellement de dos dans un parc où il ne se passe rien. Le plus surréaliste en « l’affaire » est que les différents segments de l’opposition à l’Assemblée ont formé une alliance bancale pour soutenir une motion de censure alors que le dossier se dégonflait faute de munitions et qu’on s’est aperçu qu’il y avait eu dans cette campagne, comme si souvent, un inversion de la victime et du coupable. Alors que la police était débordée, Benalla a tenté de maîtriser des délinquants, mais c’est de lui qu’on a tenté de faire un délinquant et des délinquants ses victimes. Un astuce classique de la propagande. Depuis que M. Benalla a parlé à la télévision, le 28 juillet, on s’est aperçu que l’homme n’était pas le « personnage sinistre, violent », décrit ci-dessous. Pierre Vidal a rédigé visiblement son texte avant l'interview de l’intéressé. N’ayant que le descriptif que donnaient les médias du personnage avant son interview, nous avions cru nous aussi que M. Benalla était une sorte de gorille descendu de son arbre. Mais il s’est avéré être un humanoïde normal, sensé, maître de lui. La « pointe de racisme islamophobe » à laquelle Pierre Vidal fait allusion tient sans doute à son nom. Y a-t-il un rapport avec Ben Allah qui signifierait « Fils d’Allah » ? On entre là dans le subliminal, comme dans toute propagande. Or, on saura avant la fin de l’été qu’il n’y avait pas dans cette affaire de quoi fouetter un chat. Si seulement, « affaire » il y eut, car l’impression s’installe qu’il s’est agi d’un montage médiatique à des fins politiques. Effet négatif garanti pour les dirigeants de partis, Mme Le Pen, Messieurs  Mélenchon etWauquiez qui sont tombés dans le piège. Un curieux trio. (J.-P. P.)

« Un scandale d’État »… on croit rêver. Le feuilleton de l’été, plutôt… L’affaire Benalla mettrait donc la République en danger. Le moloch médiatique qui a besoin d’infos pour vendre son papier et qui désormais a son pendant médiatique avec les chaînes « d’infos » en continu a trouvé de quoi se nourrir à bon compte : après la coupe du monde de foot voilà donc l’affaire Benalla estampillée Le Monde c’est-à-dire la Bible, celle qui donne l’imprimatur et qui permet de se déchaîner sans craindre d’être contredit ou surtout d’avoir, à bon compte, son brevet de  politiquement correct –c’est Le Monde qui le dit !

Oubliés les scandales Strauss Khan ou Cahuzac, leurs amis donneurs de leçons se sont faits une virginité nouvelle. Oubliée aussi la longue série de turpitudes de la Vème république : affaires Fontanet, Boulin, Yan Piat, autrement plus tragiques. Oubliée aussi la campagne désolante de François Fillon… Ne parlons pas du montreur d’hologrammes qui s’est fait une spécialité dans l’invective. Il est le supporter numéro un de régimes qui ont assuré la prospérité de leurs dirigeants sur le dos de leurs peuples, les fameux bolivaristes : Venezuela, Bolivie, Équateur et désormais le Nicaragua où Daniel Ortega, ex-icône de la gauche radicale, sévit avec une violence sans pareille…

On a les scandales d’État que l’on se choisit. Benalla est un personnage sinistre, violent et qui n’avait rien à faire dans l’environnement d’un chef d’État. Il faut le sanctionner sans ambiguïté et durement. Cela ne fait aucun doute. Ses actes sont inqualifiables et sa proximité avec le Président est condamnable. Les dernières déclarations de Macron là-dessus sont claires, même si elles ne l’absolvent pas des faits eux-mêmes. Peut-être est-il tombé lui-même dans un piège ou une provocation, sans doute est-ce de la légèreté de sa part…

Ceci dit, tout de même il y a plus sérieux, plus grave, plus matière à contestation : le statut des cheminots par exemple (ils sont toujours en grève), le report du plan pauvreté pour cause de football, le rythme effréné des réformes, l’accueil des migrants, etc. De tout cela les médias et nos hommes politiques s’en moquent-ils pour en faire si peu cas ? Ou n’ont-ils pas le biscuit nécessaire pour s’en prendre au chef de l’État ? Avec l’affaire Benalla, en fait, ils exploitent le filon. Ils ont senti le bon coup. C’est l’info spectacle. Il y a des rebondissements, du romanesque dans cette histoire, avec de nombreux sous-entendus et le président a dû monter au créneau lui-même assurant que non l’individu en question n’était pas son amant. Il y a ainsi un léger relent homophobe avec une pointe de racisme islamophobe. Même si ce n’était pas l’intention on ne peut en ignorer la conséquence. Les fakenews se sont agrégées à l’Affaire assurant par exemple: « que Benalla avait en sa possession le code nucléaire ». La théorie du complot s’est faite ainsi à bon compte une nouvelle pelote.

Du papier aura été vendu c’est sûr et l’audience aura été assurée. A quel prix ? La crédibilité des journaux qui se drapent dans leurs habits vertueux aura-t-elle été renforcée ? Et les hommes politiques qui auront fait monter la mayonnaise seront-ils mieux entendus sur les sujets qui préoccupent les Français : le chômage ou l’immigration par exemple ?  On est en droit d’en douter… (Alternatives Pyrénées, webmaster@altternatives-pyrenees.com, 25 juillet 2018, par Pierre Vidal)

Coupe du monde de foot : on a découvert les Russes, mais pas Poutine

Le monde a découvert les Russes comme ils sont « en vrai », au-delà du régime malaimé et peu aimable de Poutine. Des émotions, des performances et l’hospitalité ont imprimé leur marque à ces championnats mais aussi caché beaucoup de choses. Les Français retiendront qu’après les victoires inespérées de l’équipe russe et son élimination, les « fans » russes ont soutenu la France.

La population française jubile presque jusqu’à l’hystérie et le président Macron veut récolter les fruits politiques et économiques de la victoire. Sinon lui, du moins son programme de relance et de réforme du pays. « Le pays a retrouvé une crédibilité économique », a déclaré au « Journal du Dimanche » dans les heures précédant la victoire Laurence Parisot. Dans cette interview qui mérite de rester dans les annales, l’ancienne présidente du MEDEF et de l’IFOP explique notamment qu’un « feel good effect » va régénérer l’esprit français.

L’objectif de la composition de l’équipe de France avec un nombre élevé de jeunes de la seconde ou troisième génération de l’immigration d’Afrique noire, a sauté aux yeux dès la victoire du 15 juillet 2018 : relancer l’intégration et l’antiracisme. Et ce au moment où la migration en provenance de l’Afrique subsaharienne augmente fortement, notamment par la Méditerranée et l’Espagne, alors que l’immigration arabe du Maghreb et du Moyen-Orient a tendance à diminuer.

Quelques cris d’enthousiasme ont surpris. Par exemple quand les hôtes russes ont acclamé leur équipe jusqu’au quart de finale. Au fond, elle n’était pas si mauvaise que cela. Et sa victoire sur l’Arabie saoudite au début du tournoi a sauvé l’honneur. Les acclamations incroyables de certains outsiders ont étonné, notamment quand les joueurs du Panama ont célébré le point qu’ils ont marqué contre l’Angleterre, avec 1 à 6, comme s’ils avaient remporté la coupe.

On a eu des frissons, en particulier quand la Croatie a atteint de justesse les quarts de finale en tirant au but après les prolongations. Et également quand le jeune Kylian Mbappé s’est hissé au rang de vedette par ses sprints et ses dribbles. Il paraît qu'il atteint les 35 à l'heure en vitesse de pointe. Mais le vrai gagnant chez les Français est Antoine Griezman dit « Grizou ». Son tir au but après un pénalty lors du dernier match a rendu « la pêche » aux Français dans la première mi-temps. Il s’est distingué également comme patriote notamment en disant au cours d’une conférence de presse : « On le dit très peu, mais c’est bien, en France », en ajoutant un « Vive la France, vive la République ».

A la différence de jeux précédents, par exemple en 1998, 2002 et 2006, quand des joueurs d’origine arabe ou kabyle comme Zinedine Zidane étaient au cœur de l’équipe „black-blanc-beur“, il semble que l’entente soit plus facile à réaliser dans l’équipe actuelle. Enoutre, on a constaté que tous les joueurs chantent « La Marseillaise ». Les « Beurs » sont passés à l’arrière plan. Cette équipe c’est du "black and white" avec à peine un « beur » incarné par Nabil Fekir de Lyon. Plusieurs des joueurs noirs font le signe de la croix en entrant sur le terrain. Presque tous portent des prénoms chrétiens comme Paul Pogba et Kylian Mbappé.

Ces deux derniers ainsi que N'Golo Kante ont eu la vedette dans la cour de l'Elysée le 16 juilllet en donnant à eux seuls sur perron aux côtés de Didier Deschamps et du président Macron un spectacle inoui rapp et slam. Sans doute, l'Elysée et les médias ont-ils encaissé après cela quelques critiques, puisqu'on s'est empressé le lendemain au JT de France 2 d'accorder une séquence au retour pourtant bien terne de Fekir dans son club de Lyon. Puis le lendemain, la télévision s'est souvenue qu'il y a aussi des Français de souche dans l'équipe, Griezman, Giroud, Lloris, Pavard et on les a nommés ou montrés. Le jeune Pavard, 22 ans, l'avait bien mérité lui aussi.

Mais intégration oblige. Avec le sport pour catalyseur. Les banlieues sont notre premier souci. Le gouvernement met visiblement l'accent sur les enfants, seconde génération des immigrés, née en France. De plus, les Sénagalais et autres Blacks sont catholiques. Et la France craint l'islamisation. Il flotte comme un souvenir lointain des guerres de religion.

La liberté sur les nids de poules

La « liberté selon le principe des nids de poules », ont écrit nos confrères allemands. Il y a en effet une autre façon de voir ces championnats. Beaucoup de visiteurs du tournoi le sauront dans quelques semaines. Si l'on en prend conscience. Le meilleur symbole de ces jeux aura été un nid de poule à Nijni Novgorod, une des petites villes des championnats. Il était si profond que des fans de l’Argentine et de la Croatie s’y sont fait photographier. Le jour suivant, ce nid de poule fut provisoirement comblé.

Aux différentes localisations des matchs bien des choses ont été réglées provisoirement selon le système des nids de poules, sans sous-estimer bien entendu l’effort du régime qui a quand même bien organisé les hébergements, restaurations, transports, publicité et surtout la sécurité. De ce côté, Poutine est expert. Ce fut impeccable.

Justement, les libertés que l’on a vécues un peu partout étaient vraiment l’exception en Russie et non la règle. Normalement, on n’a pas le droit de boire de l’alcool dans l’espace public. Normalement les gens n’ont pas le droit de former des attroupements ou des défilés importants dans les rues ni surtout de brandir des pancartes ou des banderoles comme l’ont fait les « fans » de tous les pays. Le lendemain de la finale, la Russie va revenir sans doute à son état normal. Comme avec le fameux nid de poule.

Si l’on s’éloignait des centres-villes et des jeux, on voyait une autre Russie. Une Russie dans laquelle les gens sont moins accueillants tandis que leurs conditions de vie sont plus modestes et où l’infrastructure est en mauvais état. On trouve là des chauffeurs de taxi qui après avoir accompli leurs heures de travail doivent continuer à travailler des heures à leur compte pour joindre les deux bout. Et des vieilles femmes qui achètent pour quelques roubles un bouquet de fleurs dans un magasin et le revendent avec un petit bénéfice à des stations de métro de la périphérie, telles la station de Kievskaya. Les gens se débrouillent comme ils peuvent.

Davantage de guerre et surveillance totale.

Le 1erjuillet, le stockage d’informations Internet décidé il y a deux ans est entré en vigueur en Russie. Les informations, les photos, les sites Internet – bref toutes les données des utilisateurs d’Internet sont stockées désormais pour six mois sans motivation ni intervention d’un juge. Dans les pays occidentaux, cette pratique est interdite par les constitutions. C’est de moins ce qu’a statué la Cour allemande.

Pendant les championnats, selon des experts, Poutine a continué sans se gêner les guerres de Syrie et d’Ukraine.

Le Plan de Poutine n’aboutira pas

Mais la communauté internationale n’a pas suivi cela de près, le football ayant détourné l’attention. Les visiteurs des championnats n’en ont même rien su. Faut-il dire pour autant que les impressions positives ramenées de Russie soient pour autant nulles ?

Certainement pas et c’est la grande contradiction de ces championnats qui ont été instrumentalisés politiquement d’un côté, mais de l’autre ont laissé des images qui resteront dans l’histoire du sport. De nombreux Russes vivant dans les grandes villes ont perdu la méfiance qu’ils éprouvaient vis-à-vis des étrangers. La généreuse hospitalité et les soins apportés à l’organisation du côté russe ont à coup sûr redoré le blason de la Russie aux yeux de l’étranger.

Il ne faut pas pour autant en attendre des réformes politiques. Andreï Kolesnikow du Centre Carnegie de Moscou pense que cette compétition sportive n’aura aucun effet à long terme. „C’est du football, at-il dit à l’Agence allemande de presse dpa. On est au pays où ont été inventés les villages Potemkine », en faisant allusion à l’histoire selon laquelle en Russie on avait caché aux yeux du souverain des maisons délabrées derrière des jolies façades en trompe-l’œil.

Donc le plan de Poutine n’a pas fonctionné. Car ses compatriotes ne se sont pas laissé influencer par l’euphorie générale. La cote d’amour de Poutine continue à baisser. Le président russe ne s’est montré que rarement au stade, sans doute aussi parce qu’il avait peur de défaites de son équipe et ne voulait pas leur être associé. De sorte qu'inversement, les gens ne font pas le lien entre lui et la réussite de cette grande manifestation sportive. Selon un sondage de l’institut indépendant Levada, seulement 42% des Russes pensent que leur pays se développe dans la bonne direction.

Relation privilégiée entre la France et la Croatie

Une suite inattendue et vraisemblable du match du 15 juillet 2018 sera la création d’une relation privilégiée entre la Croatie et la France. Beaucoup de Français savent maintenant que, bizarrement, le nom de la Croatie n’est pas le nom usuel que nous lui donnons, mais qu’elle s’appelle Hrvatska. Le président Macron et la présidente croate Kolinda Grabar-Kitarović ont souligné par leur gestuelle que leur relation et excellente et ils l’ont fait en bravant la pluie qui tombait dru sur la cérémonie finale. Mme Grabar-Kitarović est profondément européenne. Elle était dans un gouvernement précédent ministre de l’Intégration européenne. La Croatie est membre de l’Union Européenne et de la zone euro. (ates67.fr, Jean-Paul Picaper, avec t-online.de, Luis Reiß, Benjamin Zurmühl, 16/07/2018)

L'attaque d'Angela Merkel contre Strasbourg

Bien des initiatives prises par la chancelière allemande depuis deux à trois ans nous laissent pantois. La dernière est spectaculaire et pourrait, comme d’autres, déclencher un appel d'air catastrophique. Car Mme Merkel sait surfer sur les courants d’air bien qu'elle incarne l'État le plus lourd de l’Union Européenne. L'idée qu'elle a lancée : faire de Bruxelles le siège unique du Parlement Européen. On se demande quelle mouche l’a piquée pour qu'elle porte ce coup bas à l’eurométropole de Strasbourg. Peut-être était-ce une des dernières mouches britanniques qui traînent encore sur le continent.

Je sais quels problèmes...

Son propos avait commencé de façon logique, le 13 juin dernier à Munich, quand elle déclara devant des membres du Parti populaire européen (PPE) dont son propre parti, l’Union chrétienne-démocrate d’Allemagne, la CDU, est membre : « Je pense que le Parlement européen doit concentrer son travail sur un site ». C’est ce que pense tout le monde depuis plusieurs années, à savoir que le nomadisme parlementaire entre Bruxelles et Strasbourg doit cesser. Mais en sédentarisant l’Europarlement à Strasbourg comme le prescrivent les traités européens. Or, Mme Merkel a lâché le mot : « Je sais quels problèmes je cause à la France et au Luxembourg, mais je pense qu’à la longue, cela ne renforce pas sa capacité d’action ».  Façon indirecte de dire que le Parlement Européen dont le siège est Strasbourg, et pour ses services techniques Luxembourg, doit se replier entièrement sur Bruxelles.

La mairie de Strasbourg cherche à se rassurer en pensant que les médias ont surinterprété les propos de la chancelière. "Elle n'a pas dit que le siège doit être à Bruxelles. Elle l'a laissé entendre", aurait confié le maire de Strasbourg, Roland Ries, selon les "Dernières Nouvelles d'Alsace". Cette déclaration "ne correspond pas à la position de l'Allemagne" et elle a laisse libre cours à "tous les fantasmes", jusqu'à évoquer une action concertée avec Emmanuel Macron, poursuit notre confrère. Reste que la position a évolué et qu'il faut veiller au grain. Récemment le président du PPE, Joseph Daul, faisait part de son pessimisme sur les chances déclinantes de Strasbourg d'obtenir le siège au complet.

Il ne faut pas trop se bercer d'illusions. Le « je » dans le propos de Mme Merkel est révélateur. Elle a pris l’initiative. C’est donc elle qui décide en Europe. « La chancelière n’a jamais abordé ce sujet avec le président de la République lors de leurs nombreuses conversations », a confirmé la ministre des Affaires Européennes, Nathalie Loiseau, à la journaliste alsacienne Anne-Camille Beckelynck qui la cite dans les « Dernières Nouvelles d’Alsace ». [1]   Et pour cause : la chancelière souscrit à l’objectif auquel travaillent depuis de longues années les Britanniques et les Hollandais, ainsi que quelques Scandinaves et Autrichiens et depuis peu une grande partie des députés allemands. Le fait est que par la faute de Paris, la majorité des parlementaires européens a évolué en défaveur de Strasbourg.

Une agence américano-britannique

La promotion de Bruxelles comme siège unique, le « one sit », avait été lancée par l’agence Burson-Marsteller Brussels, un organisme de lobbying politique fondé en 1953 aux États-Unis, rattaché depuis 19789 au réseau Young & Rubicam, lui-même détenu par le groupe WPP, une holding cotée à la Bourse de Londres. Le résultat de l'offensive Merkel ne sera pas de renforcer « la capacité d’action » du Parlement européen, comme le prétend la dirigeante allemande, mais au contraire de l'affaiblir l’Europe et de la transférer dans sa totalité dans la zone d’influence des lobbies anglo-saxons et de l’OTAN, sis à Bruxelles.

Involontairement, supposons-le, le projet s’insère parfaitement dans le plan de destruction de l’Union Européenne auquel s’est attelé Donald Trump, avec actuellement une nouvelle et virulente campagne contre l'euro, soutenue en Allemagne notamment par des économistes atlantistes. Est-ce le prix à payer pour continuer à vendre quelques Mercedes et BMW aux Etats-Unis ? Comme l’a écrit notre consœur strasbourgeoise, « le lobby anti-Strasbourg boit du petit lait » depuis que Mme Merkel a parlé. Et de citer la membre du PPE suédoise Anna Maria Corazza devenue la chef de file de la campagne « single sit » en faveur de Bruxelles : « C’est très courageux ce qu’a fait Mme Merkel, c’est super ».

Une perfidie bien ficelée

Courageux ? Non, courageux n’est pas le mot. C’est perfide. Le propos de la chancelière est ambigu, mais on reconnait bien là Angela et ses petites phrases assassines. Elle a démontré au long de sa carrière ses talents de "tueuse" en liquidant subrepticement tous ses conurrents dans la CDU. Par cette dernière suggestion, elle tente à nouveau de déclencher un certain processus au moment qui lui a semblé le plus opportun. Emmanuel Macron n’a-t-il pas besoin d’elle pour lancer son programme réformateur européen ? S’ajoute que les Britanniques sont encore dans l’Union Européenne jusqu’à la signature de l’accord du Brexit en mars 2019. Peser en faveur d’une décision anti-Strasbourg sera leur chant du cygne. S’ajoute aussi que le chancelier autrichien Sebastian Kurz sera en présidence de l’Union Européenne à partir du 1er juillet 2018. Il a apporté son soutien à la chancelière en faveur de Bruxelles à la même réunion du PPE à Munich.

Mais que sait un jeune homme comme M. Kurz du passé de l’Europe ? Sait-il seulement Sébastian Kurz que Strasbourg incarne depuis 1950 et avant la réconciliation franco-allemande ? A-t-il réalisé pourquoi les obsèques d’Helmut Kohl, le grand chancelier européen, ont eu lieu à Strasbourg ? A-t-il  le sens des symboles et du destin ? Angela Merkel pense donc jouer sur le velours, d’autant qu’on dit Emmanuel Macron prêt à discuter et donc à renoncer à son pouvoir de veto.

Ce scénario catastrophe et trahison sera donc au programme de l’été ou de l’automne prochains. Peut-être déjà en été votera-t-on le transfert à Bruxelles, quand la plupart des gens seront en congé. Pour faire moins de vagues. Or, c'est une décision énorme, un tournant majeur dans la constitution de l'Europe. Ce n'est pas une simple affaire de camions de déménagement. Ni  d'aménagement des nouveaux quartiers flambant neufs que Strasbourg est en train de construire autour du Parlement, de l'aménagement des voies ferrées et routières et de l'aéroport.

Cette décision est éminement politique !

Vers l'Europe des lobbies

La décision de déplacer le siège du Parlement ne peut être prise qu’à l’unanimité des membres signataires des traités européens. Il suffira que le président français dise oui. Et il risque bien tomber dans le piège que la chancelière a enveloppé d’un ruban rose : échanger le Parlement contre des réunions régulières du Conseil européen à Strasbourg. C'est un leurre. On ne sait même pas s’il s’agirait de sommets des chefs d’État et de gouvernement ou de simples ministres.De toute manière, quoiqu'elle propose, ce sont des « peanuts » en échange d'une réorientation historique de la construction européenne en faveur de l'Europe du Nord, orchestrée par Berlin. L'Europe abandonne le sud, voué tout simplement à l'accueil et à l'hébergement des réfugiés contre quelques aides en numéraire. La politique, la finance et l'économie se décideront au nord, dans le monde germanique.

Strasbourg cesserait d'être lieu géométrique de la démocratie européenne et de ses citoyens pour faire place à l'Europe des lobbies germano-américains après avoir été anglo-américains. Et que faire du Parlement de Strasbourg dont la qualité et le positionnement urbain sont très supérieurs à celui de Bruxelles ? « On y mettra l’université européenne… », disent les tentateurs. Mais cette université existe déjà et fonctionne bien : c’est l’université de Strasbourg. Devant ses portes se dresse la statue de Goethe.

Berlin lâche la France

Selon notre consœur Mme Beckelynck : « Pour la première fois de l’histoire de la construction européenne, Berlin lâche la France sur Strasbourg, symbole de la réconciliation franco-allemande. Coup de pied sournois à l’ami français, ou attaque concertée ? ». On ne déniera pas à la chancelière une certaine aptitude à la duplicité. On ne compte plus les « cadavres exquis » sur sa route, en commençant par Helmut Kohl, son père en politique qu’elle avait attaqué dans un article de la « Frankfurter Allgemeine Zeitung » pour précipiter sa chute et prendre sa place à la tête de leur parti.

Le coup en douce est sournois en effet. C’est une attaque surprise et à demi-mot pour ne pas provoquer une indignation qui gênerait le déroulement du plan prévu pour bientôt. On peut espérer seulement que le Président Macron en réalisera les conséquences géopolitiques alors qu'il est encore temps. Sinon, ce serait une tache ineffaçable sur son parcours présidentiel. Toujours aimable et joli cœur, Mme Merkel a cousu son guet-apens de fil blanc. Mais sa proposition ne vise ni plus ni moins qu'à enlever un atout européen à la France, à  mettre celle-ci  un peu plus sur la touche et à placer le Parlement sous la coupe d'une Commission qui est à la botte de Berlin.

Mme Merkel est fatiguée

Ne serait-il pas temps que l'actuelle chancelière quitte son poste et le laisse à sa dauphine désignée par elle-même, Annegret Kramp-Karrenbauer, aujourd’hui secrétaire générale de la CDU, ancienne ministre-présidente de Sarre ? AKK, comme on la surnomme, est une authentique europhile et surtout une francophile qui a fait de notre langue la deuxième langue officielle de son Land, la Sarre. Elle s’entendrait bien avec Emmanuel Macron. Tout récemment, elle a joué le rôle de médiatrice entre Mme Merkel et son partenaire bavarois Horst Seehofer, ministre de l’Intérieur au gouvernement allemand. Ce dernier a déclaré à ses proches qu’il « ne pouvait plus travailler avec cette femme », en faisant allusion à Mme Merkel.Il lui a posé un ultimatum.

Le torchon brûle au sein du gouvernement allemand. Il est vrai que Mme Merkel les accumule… Et maintenant elle harcèle ses ministères parce qu'elle a du mal à suivre le réformiste Macron qui n'est pas du tout comme les Allemands s'imaginaient un Français. Peut-être même que la France de Macron ne sera plus bientôt comme ils s'imaginaient la France. Alors elle essaye de couper à Macron, mine de rien, l'herbe sous le pied. Or ce n'est pas en commettant d'aussi énormes sottises qu'elle gagnera la partie. En fait, elle aurait été bien avisée de quitter le gouvernement alors qu’elle était encore à son zénith. Et ce n'est pas seulement l'usure du pouvoir qui la mine. Ce sont aussi ses erreurs et ses méprises. Aujourd’hui une majorité d’Allemands est excédée par sa politique migratoire. Elle a fait le lit de l'extrême-droite AfD et elle pourrait en faire le triomphe. Quelle honte pour l'Allemagne ! (Jean-Paul Picaper, le 18/06/2018)

1] « Les Dernières Nouvelles d’Alsace », jeudi 11 juin 2018. p. 11. « Strasbourg lâché par Merkel, bientôt par Macron ? » par Anne-Camille Beckelynck. Et "Ries réunira la <task force> avant le 14 juillet", par Dominique Duwig dans les "DNA" du 19 juin, p. 35.

La question de Paneurope France: faut-il réduire le nombres de langues au Parlement, à la Commission et au Conseil européens ?

Quelques-un(e)s d’entre nous ont participé au « porte-à-porte » qu’organise le parti d’Emmanuel Macron « En Marche » auprès des citoyens français pour obtenir un diagnostic de l’opinion populaire au sujet de l’Europe, loin des discours officiels et des expertises bureaucratiques.

Nombreux ont été les citoyens questionnés qui ont approuvé l’ouverture des frontières intra-européennes facilitant les voyages sur notre continent ainsi que les facilités de paiement offertes par l’euro.  Beaucoup ont déploré le taux de chômage élevé dans beaucoup de pays, mais un certain nombre a fait l’éloge de la médecine et des soins médicaux en Europe qui sont, selon eux « uniques au monde ».

Certains ont demandé « pour des raisons de sécurité » un renforcement des contrôles aux frontières qui doivent cependant rester ouvertes. Ils voudraient aussi une immigration plus sélective.

A Strasbourg une jeune dame interrogée a dit avoir assisté une fois à une séance du Parlement européen. Elle a affirmé  avoir été choquée par les interventions des députés qui lui ont fait l’effet d’« une comédie ». Surtout, elle a déploré que les traductions simultanées de 20 à 28 langues pèsent lourd sur le budget européen et a estimé et que c'était une raison de plus pour sortir de l'Union Européenne, étant donné que les budgets des États-membres affichent pour la plupart des déficits profonds.

A notre avis, ce n'est pas une raison pour adopter une solution aussi radicale, mais le problème est là. Sans vouloir nuire aux petits pays et aux langues rares, ne vaudrait-il pas mieux que les débats se déroulent, faute d’une langue commune comme l'espéranto, dans les trois langes officielles : l'anglais, le français, l'allemand ? C’est notre question du jour à nos adhérents et sympathisants. (ates67.fr. 15/05/2018)

Pour une Europe des peuples

Dans son discours du 17 avril dernier devant le Parlement Européen, le président Macron a employé la formule de « souveraineté européenne ». Ce fut la clé de voûte de son discours et nous l’approuvons entièrement. Ses propositions pour une Europe souveraine correspondent exactement à ce qu'avec mes amis Paneuropéens français nous demandons avec insistance depuis longtemps. En décembre 2011, nous avions rédigé avec le regretté André Bord, ancien résistant alsacien, ancien ministre du Général de Gaulle, un « Appel de Strasbourg » dans lequel nous demandions que les gouvernements allemand et français intensifient non seulement leur « concertation régulière » mais plus encore qu'ils soient « en mesure de prendre et de mettre en application des décisions aussi harmonisées, comparables et compatibles que possible ». Il s’agissait de créer une coopération renforcée franco-allemande sur laquelle les États membres de l’Union Européenne viendraient se greffer.

Cette initiative franco-allemande devait concerner, pour commencer, les actions concertées suivantes, considérées comme des urgences : 1. La coordination économique et les investissements industriels, la recherche et l'innovation. 2. La politique financière et monétaire et l'harmonisation budgétaire et fiscale. 3. la politique sociale et de l'emploi. 4. Le développement durable, l'environnement et la politique énergétique. 4. Et enfin et surtout la politique extérieure et de Défense. Nous plaidions en faveur de la signature d’un nouveau traité de l'Union Européenne, lequel, dans l’esprit du Traité de l’Élysée de 1963, permettrait « d'institutionnaliser une nouvelle gouvernance, notamment au plan économique et financier ». C’est exactement ce qu’a proposé Emmanuel Macron le 17 avril et auparavant déjà. Nous appelions de nos vœux une « Europe puissance », dotée d’une volonté propre, capable de se faire respecter dans le monde et de protéger ses citoyens. C’est ce que le président de la République française appelle « la souveraineté européenne ».

Toute souveraineté suppose un peuple. Il existe des peuples d’Europe, et non pas un peuple européen, mais nous avons une citoyenneté européenne symbolisée par les passeports couleur bordeaux des ressortissants de l’UE. La souveraineté implique aussi un territoire sur lequel des non-Européens ne peuvent poser le pied qu’avec l’accord de ses autorités. Or, on parle depuis quelques années des frontières extérieures de l’Europe, terme qui semblait tabou à la fin du XXème et au début du XXIème siècles. Il y a eu un progrès sur ce point. L’agence Frontex est en principe là pour les faire respecter. Il lui manque encore des règles communes de migration et d’asile pour encadrer ses missions. On la soupçonne de favoriser le transit d’immigrés d’Afrique vers l’Europe au lieu de l’enrayer, et cela devra changer. Nous n’avons pas encore de Défense européenne digne de ce nom et notre Politique étrangère commune laisse encore à désirer, mais des propositions en ce sens ont été formulées à Berlin lors de la conférence presse commune de Mme Merkel et de M. Macron le 19 avril dernier. Enfin, le président Macron avance déjà depuis des années son projet de création d’un ministère des Finances de la zone euro qui pourrait être considéré comme un embryon de gouvernement européen. Pour que cette Europe puisse agir au nom de tous, il faut étoffer le budget européen.

Il faut réaliser tout cela dans les meilleurs délais, c’est à dire au cours des quatre prochaines années. L'Union Européenne devra profiter du BREXIT pour rapprocher les politiques fiscales et sociales, irréalisables avec les Britanniques. Car elles sont pour le moment des sources de concurrence déloyale et de dumping au sein de l'UE. Quant à la gouvernance de la zone euro, Mme Merkel cherche à faire accepter par ses compatriotes l’idée d’un exécutif économique et financier en renforçant le Conseil des ministres des Finances de la zone euro. Ils s’assiéront à une table avec les ministres de l’Économie de façon à créer un « Conseil Jumbo ». Peut-être remarquera-t-on alors qu’il faudra un président digne de ce nom à leurs conciliabules, donc un ministre des Finances européen.

Le renforcement du budget européen dérange encore nos amis allemands et leurs proches, Autrichiens et Hollandais qui craignent de devoir ouvrir un peu plus leur porte-monnaie. Mais les Allemands ne sont-ils pas les premiers à vouloir renforcer le Mécanisme de stabilité européen jusqu’à en faire un Fonds monétaire européen indépendant du Fonds Monétaire International sis aux États-Unis ? De plus, la chancelière allemande s’et déclarée « très optimiste » à propos de l’Union bancaire européenne et a dit n’avoir pas de problèmes avec une Union des marchés de capitaux. Ainsi l’Union financière euroépenne avance-t-elle cahin-caha bien qu’elle ne soit pas encore entièrement à l’abri des crises. Dans un avenir plus lointain un système de protection des placements bancaires des entreprises et des particuliers peut-être même envisagé, en espérant que nous n’aurons pas d’ici là de crise comme celle qui nous est venue des États-Unis en 2007-2008. Mais retenons que, pire que celle de 1929, venue également d’outre-Atlantique, celle de 2007-2008 n’a pas entrainé les mêmes dégâts politiques parce que cette fois les États européens, France-Allemagne en tête, se sont concertés au lieu de rivaliser. Nous le devons à l’Europe, même si à la faveur de la crise les partis populistes et, en France et en Espagne, néomarxistes, ont repris des couleurs et prêchent en faveur d’une économie à la soviétique. L’UE n’est pas seulement un antidote à la guerre, mais aussi aux guerres financières et monétaires qui ont duré tant que l’euro n’avait pas encore remplacé les monnaies nationales.

A l’époque, nous avions cosigné notre Appel de Strasbourg avec le président de Paneurope Allemagne, Bernd Posselt, et avec le regretté ancien ministre président de Bade-Wurttemberg, Lothar Späth. L’Europe qu’ils ont approuvée avec nous n’était pas « les Etats-Unis d’Europe ». Nous ne voulions pas d’une Europe fédéraliste chapeautée par la Commission européenne de Bruxelles qui n’est pas élue par le peuple, ainsi que la rétrogradation du Conseil de l’Union, comme s’appelle entre-temps le Conseil des chefs d’État et de gouvernement, au simple statut de seconde chambre du Parlement européen. Or, ce Conseil est l’exécutif de l’Union Européenne parce qu’il représente les peuples d’Europe et leurs Etats, unis par une responsabilité commune. Il est évident que sa destitution en chambre d’enregistrement serait inacceptable pour la France et pour bien d’autres États-membres de l’Union Européenne. Premièrement, cette construction serait préjudiciable aux petits Etats et favoriserait les plus forts, avant tout l’Allemagne, qui pourraient influencer les décisions de la bureaucratie bruxelloise. Deuxièmement, les petits comme le Luxembourg, les Etats d’Europe centrale et orientale (les « Pecos » comme on les a appelés) ou des Balkans n’auraient plus voix au chapitre.

Mais les Etats moyens aussi seraient lésés : la France, la Pologne, l’Espagne seraient décapités au profit d’entités globales et anonymes. Or ce sont les exécutifs des Etats, la France et l’Allemagne d’abord, qui nous ont sauvés dans la crise de 2007-2008 en prenant rapidement les bonnes décisions alors que les instituitons européennes, Commission et Parlement faisaient du sur-place. S’ajoute qu’une fois affranchis du joug soviétique, lesdits « Pecos » ont pris conscience de leur identité. Tout en étant pourtant profondément européens, ils ne veulent pas être noyés dans des institutions supranationales. Par ailleurs, comme l'avait compris de Gaulle, on ne construira pas l'Europe souveraine et indépendante, à laquelle il aspirait avec Coudenhove-Kalergi, contre les peuples et les nations qui la composent.

C'est le seul côté positif des récentes élections en Europe. Du reste, le Parlement européen a rejeté récemment le vote en faveur de partis européens supranationaux et préféré conserver le vote par États. C’est un signe des temps. C’est aussi la seule manière d’éviter une désagrégation de l’UE coupée entre ses États-membres de l’Ouest et de l’Est européens qui ont été écrasés pendant plus de quarante ans sous la botte soviétique et veulent jouir de leur liberté. Si l'on ne s'appuie pas sur les États-Nations, la cathédrale Europe n'aura pas de fondation et de piliers solides. L’Europe ne peut être une fédération. Elle s’est constituée en confédération renforcée comme l’est la Confédération helvétique, avec ses langues, ses cultures, ses pouvoirs régionaux.

Pouvoir régionaux ou nationaux ne veut pas dire qu’il faille fragmenter l’Europe. Prier la Commission de Bruxelles d’accorder son soutien aux minorités ethniques et au séparatisme régional est une vision irréaliste de notre continent et aboutirait à ce qu’il s’écroule tel un château de cartes. Cela risquerait d'entraîner dans plusieurs pays un renforcement du communautarisme, notamment musulman, déjà très entreprenant, et la dislocation conflictuelle des États, comme avec la Catalogne à l'égard de l'Espagne. En n’approuvant pas les extrémistes du mouvement séparatiste catalan, la Commission de Bruxelles a bien réagi et elle s’est d’ailleurs incompétente pour régler ce genre de conflits. Il faut respecter les cultures régionales, mais en tenant compte de la viabilité des Etats. Il va de soi que des micro-Etats seraient vite la proie d’impérialismes extra-européens. Ce n’est pas en cultivant le nanisme qu’on fera l’Europe.

Ceci dit l'Europe est une mosaïque d'histoires différentes dont il faut respecter toutes les composantes pour pouvoir les réunir. L'Allemagne et l'Italie, unifiées au XIXème siècle ne peuvent être comparées à la France qui a cinq siècles d'unification, mais, finalement, Munich a accepté de coexister avec Berlin dans un même État et dans une coalition nationale de partis. Ce sont les États, tels qu'ils se sont constitués, qui en font la composition, le puzzle à rassembler. La Slovaquie s'est séparée de la Tchéquie et les États de l'ex-Yougoslavie ont souffert pour devenir des nations indépendantes, y compris le Kosovo et le Montenegro. En revanche, il faut maintenir la Bosnie-Herzégovine avec ses trois composantes. C'est ça l'Europe et cette Europe là n'acceptera jamais une gouvernance politique et militaire qui serait déléguée à une commission supranationale. La République européenne ne sera pas gouvernée par un Soviet ni par une bureaucratie. (Alain Terrenoire, président de l’Union Paneuropéenne Internationale, avec le bureau de Paneurope France dont il est membre. Le 24 avril 2018)                            

France : le printemps des archaïsmes

Tout ce que la France trainait après elle de boulets historiques, et Dieu sait que notre pays en collectionne, est lancé depuis le début du printemps 2018 comme des bolas dans les pattes du gouvernement Macron-Philippe pour faire trébucher et tomber ceux qui veulent moderniser notre pays et le mettre à la page du XXIème siècle.

Les relents de Mai 68

Il y a d’abord les relents de caniveau de Mai 1968. On nous assure que la société est sortie de ces « évènements » repeinte à neuf et libérée de ses entraves. Quelques ados prolongés établis dans les médias ont donné le signal d’un remake de cette révolution d’opérette.

Comme il y a cinquante ans, quelques dizaines de professionnels du désordre ont bloqué des universités tandis que des kolkhoziens attardés prônaient une agriculture anonyme et collective en se mesurant aux gendarmes à Notre-Dame des Landes, suscitant cette fois, heureusement, plus de colère que d’adhésion dans la « masse » étudiante. Pas dupe cette fois, le gouvernement, les a expulsés peu à peu des lieux qu’ils dégradaient et empestaient. Espérons qu'il appréhendra et punira comme l'a promis Gerard Collomb les casseurs du Black Bloc qui ont saccagé tout un quartier à Paris le 1er mai. Comme les zadistes, il forment contre notre pays des brigades internationales.

Contrairement aux on-dits, le joli Mai 68 n’avait rien apporté de neuf et ce qu’il eut de mieux, ce fut son échec. Toutes les mutations sociologiques que ses nostalgiques lui attribuent étaient déjà réalisées ou en bonne voie. Pour ne citer que l’une d’entre elles, la fameuse libération des femmes avait déjà eu lieu avec la commercialisation de la « pilule » en 1967. La décolonisation était achevée. La France ne menait plus de guerre coloniale. Chaque jeune pouvait choisir librement études et apprentissage, un système de bourses aidant les plus démunis parmi les plus doués et les plus studieux. Enfin, le gouvernement du président De Gaulle n’avait jamais remis en question les libertés fondamentales. On pouvait écrire ce qu’on voulait dans les journaux et s’exprimer librement sur les ondes, à la différence de ce qui se passait derrière le rideau de fer.

Mai 68 ouvrit la porte à l’extravagance vulgaire et à l’épate au bourgeois la plus classique et tenta d’écraser les talents et les individualités sous un rouleau compresseur égalitariste. On s’en souviendra comme de la comédie révolutionnaire d’enfants gâtés qui avaient lu les idées singulièrement obsolètes de Marx et Marcuse et qui vénéraient dans leur société capitaliste prospère les monstres totalitaires de l’URSS, de la Chine maoïste et de Cuba qui n’ont créé que ruine et misère, comme on l’a vu en 1989-90. Dans une certaine mesure, en se livrant au culte des ennemis armés jusqu’aux dents de la France et de l’Europe occidentale de l’époque, ils étaient coupables de haute trahison tout au moins mentale. Le comble fut leur célébration du meurtre freudien du père au nom d’un antiautoritarisme brumeux quand l’inénarrable Daniel Cohn-Bendit endossa le rôle de David défiant Goliath en demandant la démission du président de Gaulle. Qui lui avait insufflé cette idée outrepassant largement le cadre universitaire ? C’est aujourd’hui encore un mystère.

La CGT, dernier bastion du marxisme-léninisme

Des moustachus qui célèbrent de nos jours encore la désarticulation sociale et rêvent de crypto-néomarxisme, Edwy Plenel n’est pas le pire. Philippe Martinez dirige le dernier bastion du communisme français d’avant-guerre, la CGT, qui joue sa survie sur ce coup de force qu’est la grève de la SNCF. Sachant que son syndicat rassemble le dernier carré des marxistes-léninistes après la mort clinique du PCF, dernier parti en Europe à s’appeler « communiste », Martinez joue quitte ou double. Trop affaiblie pour faire pression sur le pouvoir politique, privée depuis près de vingt ans du soutien de Moscou et devenue récemment minoritaire parmi les syndicats français, la CGT au bout du rouleau cherche à obtenir le soutien des autres formations syndicales en faisant de la surenchère. Mais cette politique du pire ne paie plus, ne fait plus peur.

Seulement, si sa grève mécontente beaucoup d'usagers du rail, elle peut compter sur la passivité de nombreux Français qui ne voient pas que la fin d’un monde ancien se joue dans cet épisode teigneux. Mélenchon et les siens pourront-ils ramasser sur les pavés le drapeau rouge si le syndicat de Martinez sombre dans les poubelles de l’Histoire ? Ils n’ont pas le bras assez long. La tentative de la CGT de détruire son outil de travail stratégique, la SNCF, et subséquemment les secteurs de l’économie qui dépendent des transports, est aussi absurde que la résurrection des soixante-huitards et leur vaine tentative de destruction des universités et de la sélection par le talent et l’intelligence.

Qui est réactionnaire aujourd’hui en France ? Un gouvernement qui veut remettre sur pied notre pays vieillot et nombriliste ou bien des forces politiques qui cherchent à remettre en scène les combats d’hier, ceux de 1936, de 1968, de 1995 pour ne citer qu’eux, au nom d’idées périmées ? « L’histoire ne se répète pas, ou alors comme une farce », d’après Karl Marx. Le problème, c’est que les partis et syndicats traditionnels sont en France des bocaux de formol dans lesquels on conserve des idées fossiles, qu’il s’agisse des rodomontades hypernationalistes et anti-européennes de Marine Le Pen ou des coups de gueule marxisants de son allié Philippe Martinez. Il semble même que Marine bleue approuve la grève rouge de Philippe Moustache. La France va-t-elle s’empêtrer dans ses survivances préhistoriques ou s’adapter aux temps modernes ?

Daech ou les revenants de la péninsule arabique

Or, voici qu’elle est attaquée par des éléments soi-disant religieux dont les convictions sommaires et les méthodes barbares s’inspirent des traditions de la péninsule arabique au VIIIème siècle après Jésus-Christ. N’est-ce pas aller chercher bien loin les modèles en m atière de croyances, mœurs et comportements ? Pourquoi pas dès lors remonter au néolithique ou au paléolithique ? On nous assure que les musulmans dits « modérés » désapprouvent ces façons de faire un peu rudes usant de l’arme à feu, du camion-bélier ou du couteau. C’est quand même la moindre des choses quand on vit dans un pays civilisé qu'on désapprouve cela. Mais si eux-mêmes acceptaient un aggiornamento de leur religion et se vêtaient dans l’espace public comme les autochtones au lieu de se singulariser, on les croirait davantage. Et si les musulmans manifestaient un peu plus nombreux contre le terrorisme islamique, ils s’attireraient notre sympathie.

Hitler est mort un 30 avril

Et voilà qu'en Allemagne et en France, l'antisémitime ressort son hideuse tête jusque dans les rues. L’école de la République a-t-elle appris aux enfants de l'immigration et aux nôtres que le grand maître de l’antisémitisme s’est suicidé le 30 avril 1945 dans son bunker de Berlin ? Sans doute avait-il quelques raisons de le faire. Mieux connaître la nocivité des motifs d'Hitler serait salutaire. On aurait pu penser qu’après lui, cette absurdité meurtrière appartiendrait définitivement au passé. Or, elle aussi, d’aucuns tentent de la remettre au goût du jour. Comme l’a écrit Bertolt Brecht, « le ventre est encore fertile d’où cela est sorti ». (J.-P. P., le 30 avril 2018)

Allemagne - Mme Merkel a une dauphine : Annegret Kramp-Karrenbauer

Annegret Kramp-Karrenbauer

Annegret Kramp-Karrenbauer, 55 ans, ministre-présidente du Land de  Sarre depuis sept ans, a été désignée par Angela Merkel puis élue le 26 février 2018 à 98,87 % par les délégués de l’Union chrétienne-démocrate allemande (CDU) secrétaire générale du parti de la chancelière en remplacement de Peter Tauber, 43 ans, qui a démissionné pour raisons de santé. Mme Merkel qui préside la CDU depuis près de vingt ans a ainsi désigné sa dauphine appelée à lui succéder à la chancellerie fédérale. Près de la moitié des Allemands souhaite en effet le départ de la chancelière à plus ou moins long terme.

Mère de trois enfants, à la différene de Mme Merkel, mariée sans enfants, et diplômée en sciences politiques, alros que Mme Merkel était physicienne, Mme Kramp-Karrenbauer a un nom compliqué. Du coup, on appelle cette politicienne partie du bas de l'échelle, comme Mme Merkel en son temps, tout simplement AKK. Elle a adhéré à la CDU à l'âge de 20 ans pour gravir les échelons comme conseillère municipale, puis comme députée fédérale et régionale. Aussi catholique que Mme Merkel est protestante, elle a le même tempérament réservé qu’elle, mais elle  a annoncé lors de son élection à  vouloir « faire vivre le débat » dans ce parti tiraillé entre plusieurs courants, à la différence du style monolithique de "Mutti", la chancelière. Son discours a été plus énergique que celui de la chancelière. En durcissant le ton sur l’accueil des réfugiés et les procédures d’expulsion, elle a montré qu’elle irait sur les brisées de l’AfD, tout en maintenant la ligne centriste et sociale de Mme Merkel.

AKK est classée à l'aile gauche de la CDU sur les sujets économiques, mais pas sur les questions de société. Elle est notamment opposée au mariage pour tous, autorisé en Allemagne depuis l'année dernière. Promettant un "renouveau programmatique", elle a quatre ans pour convaincre, jusqu'à ce qu’Angela Merkel aux commandes depuis 2005 sa révérence. Elle a remporté une victoire remarquée face aux sociaux-démocrates du SPD aux régionales de mars 2017 et inversé ainsi le courant d’opinion jusqu’alors très défavorable au parti de Mme Merkel, la sauvant sans doute de la catastrophe. Après avoir pratiqué une coalition noire-jaune-verte « à la jamaïcaine », avec les Verts et les libéraux (FDP) elle s’est réconciliée avec le SPD et partageait avec lui le gouvernement sarrois.

Profondément européenne, très francophile au point de vouloir faire d’ici 2043 de la Sarre une région bilingue franco-allemande, elle été Plénipotentiaire de la République fédérale  d’Allemagne chargée des relations culturelles franco-allemandes de 2011 à 2014. Nous donnons ci-dessous des extraits de l’interview que nous avions réalisée avec elle à l’automne 2017 pour la revue Politique Internationale.

Jean-Paul Picaper. Madame la ministre présidente, où en sont aujourd’hui les relations franco-allemandes en général ? Vous voulez faire de votre Land un ban d’essai du franco-allemand

Annegret Kramp-Karrenbauer. L’opinion publique allemande ne prête guère attention aux relations culturelles et éducationnelles franco-allemandes parce que cette tâche est confiée aux Länder, [1] mais elle fait l’objet d’un travail permanent. Sous mon prédécesseur Peter Müller on a réalisé le manuel d’Histoire franco-allemand. Pendant mon mandat, nous avons créé le premier lycée professionnel franco-allemand. Nous avons beaucoup coopéré en matière de formation professionnelle. Nous veillons aussi constamment à l’apprentissage renforcé de la langue du voisin.

Pour le reste, l’axe franco-allemand n’a pas toujours fonctionné sans bavures au cours des dernières années, que ce fût lors des crises inquiétantes de l’économie et des finances ou encore des réfugiés. Les vues divergeaient d’un pays à l’autre. Mon impression à présent, après l’élection du nouveau président français, est que l’attention va se recentrer sur l’Europe et sur le partenariat franco-allemand et son développement. J’espère qu’après les récentes législatives allemandes, nous allons former rapidement un gouvernement qui sera en mesure avec la France de faire progresser ce partenariat.

En 2013, vous avez lancé un projet visant à faire du français une langue véhiculaire en Sarre, au même titre que l’allemand, y compris dans l’administration. Est-ce à dire que tous les écoliers doivent parler français ?

Oui, notre objectif à long terme est que les générations qui naissent aujourd’hui deviennent bilingues. Ce n’est pas quelque chose qu’on peut décréter, mais nous soutenons à fond cette évolution. Nous veillons à ce que les enfants grandissent avec le français dès le jardin d’enfants et l’école primaire. Il ne s’agit pas d’apprendre le français comme deuxième langue, mais de le parler au quotidien en tant que langue de voisinage. Actuellement, 40% des jardins d’enfants de Sarre sont bilingues. Nous voulons élargir cela, y compris dans le primaire, de sorte qu’à la sortie du primaire tous parleront français. A partir de la 6ème, ils pourront alors commencer l’anglais. Nous voudrions aussi que le français soit une langue présente dans la vie publique, que les panneaux indicateurs, les formulaires administratifs, nos accès Internet soient rédigés également en français. Le plurilinguisme sera évidemment un atout pour nos concitoyens.

Du côté lorrain, en France, cette initiative a-t-elle suscité un écho ?

Oui, la réaction a été immédiatement positive. Du côté français limitrophe, on suit le mouvement et surtout j’ai pu relever au cours des nombreux voyages effectués en France pour présenter notre projet que cela éveille un intérêt considérable dans des régions de France très éloignées de notre frontière.

Les Français s’imaginent que l’allemand est une langue difficile alors qu’elle est plus facile que l’anglais. C’est une langue bien cadrée avec des règles précises et invariables.

C’est vrai que l’anglais paraît facile au début, mais que les difficultés surviennent ensuite, alors qu’en français c’est le contraire et en allemand sans doute aussi.

LA SARRE, PONT ENTRE LA FRANCE ET L’ALLEMAGNE

La Sarre devient la plaque tournante entre la France et l’Allemagne ?

Il s‘agit en effet de jeter ici un pont entre l’Allemagne et la France. Mais les Länder limitrophes de la France, le Bade-Wurtemberg, la Rhénanie-Palatinat et la Sarre viennent de créer une coopération permanente pour définir une politique de voisinage. J’ai déjà siégé deux fois à ce sujet avec mes collègues de ces deux Länder.

La Sarre a subi une terrible crise lors de l’effondrement de la sidérurgie et des charbonnages. Comment vous en en êtes-vous tirés ?

Dès les années 1970, en parallèle avec le charbon-acier, nous avons commencé à édifier une industrie automobile. Que ce soit au niveau des la production proprement dite, avec les usines Ford de Saint-Louis, qu’à celui des sous-traitants. Nous produisons ici en Sarre tout l’équipement d’une voiture. Nous avons également démarré très tôt dans les sciences et technologies de l’information, ce qui a fait émerger à l’université de la Sarre un des centres mondiaux de l’excellence dans ce domaine et généré de nombreux emplois. La Sarre est aujourd’hui en train d’édifier le nouveau Centre national allemand de la sécurité des technologies de l’information. C’est une œuvre d’avenir qui se matérialisera sous forme d’entreprises, de produits et donc d’emplois.

Combien de Français travaillent en Sarre ?

Quelques20 000 transfrontaliers viennent travailler ici. Principalement dans l’industrie, par exemple chez Michelin à Homburg, mais aussi chez Ford  Saint Louis, chez ZF à Sarrebruck. [2] Des Sarrois travaillent an France, mais ils vont surtout au Luxembourg. La France, le Luxembourg, la Rhénanie-Palatinat et la Sarre forment aujourd’hui un gros marché intégré de l’emploi. Ceux qui sont bilingues ont plus de chances d’y trouver un emploi. J’encourage le bilinguisme pour que les jeunes restent ici. S’ils partent ailleurs, ils sont perdus, pour nous comme pour la France.

Vous avez donc créé ici une euro-région ?

Oui, nous sommes une grande euro-région comprenant un État souverain, le Luxembourg, deux Länder allemands et la nouvelle Région du Grand Est en France. C’est un ensemble complexe qui constitue le plus grand espace transfrontalier intégré en Europe.

L’EXTRÊME DROITE AU BUNDESTAG

Pensez-vous que l’ex-présidente de l’AfD Frauke Petry pourrait colmater la brèche dans la majorité gouvernementale ? Elle a un siège au Bundestag et veut créer une CSU nationale à côté de la CSU bavaroise.

Je ne vois pas venir cela. Tout d’abord, nous avons dans nos rangs l’original de la CSU. Nous n’avons pas besoin d’une copie. Ensuite, je crois que l’arrière-pensée de Frauke Petry est qu’elle ne peut plus jouer dans l’AfD le rôle qu’elle jouait auparavant. Elle venait de l’ultralibéralisme et a poussé l’AfD à sa création vers la droite de la droite et je ne la vois pas revenir maintenant sur sa position initiale. Je crois que le programme de Frauke Petry tient en une proposition : sa promotion personnelle. Peu nous chaut avec qui elle se coalisera.

L’entrée de l’AfD dans le Bundestag est quand même une innovation… On dit que l’Allemagne devient ainsi plus normale…

C’est vrai que là, quelque chose s’est produit qui fait déjà partie de la réalité d’autres États, en Europe et dans le monde. Mais cela ne peut en Allemagne être un retour à la normale parce que nous avons notre propre histoire et notre spécificité. Cela ne peut donc être considéré comme normal qu’entre au Bundestag un parti dont certains éléments assument des positions clairement révisionnistes et extrémistes de droite. Il faut donc combattre clairement ces postures qui vont à l’encontre des principes de base sur lesquels s’est bâtie la République fédérale d’Allemagne depuis la Seconde Guerre mondiale.

Jusqu’ici l’ultra-droite s’appuyait sur des éditions et des journaux, maintenant elle a créé un parti et devient politique.

Oui. On ne sait pas encore dans quel sens va évoluer l’AfD. Toujours est-il qu’elle est partie vers l’extrême-droite. Parmi les électeurs de l’AfD, il y a à coup sûr beaucoup de gens dont ce n’est certainement pas le truc et qui voulaient simplement protester. Néanmoins, il faut dire à ces gens que nul ne pouvait ignorer quelles étaient les positions de l’AfD. Et personne ne pourra s’en laver les mains et dire qu’il ne savait pas qu’il avait voté dans ce sens. 

L’AfD est hostile à l’Europe et la population allemande est aux trois quart favorable à l’Europe et à l’euro. Est-ce que l’AfD va miner cette option ?

Je suis absolument certaine que la République fédérale d’Allemagne ne perdra rien de sa stabilité. Notre système électoral à la proportionnelle a fait entrer au Bundestag une forte représentation de l’AfD qui n’est pourtant guère représentative de l’opinion publique. C’est la différence avec la France. J’ai toujours pensé que le Front National en France se faisait partout sentir en France mais que le régime électoral le sous-représentait à l’Assemblée nationale. Mais, puisque ce groupement, l’AfD, est entré dans notre Parlement, il va falloir s’expliquer franchement avec lui.

L’AfD est-elle proche du Kremlin ?

Elle en est très proche. C’est un secret de Polichinelle. Même chose pour le FN et les mouvements populistes apparentés tels le Parti populaire autrichien ÖVP.

PAUVRETÉ EN ALLEMAGNE

Les médias français et certains politiques dans notre pays affirment souvent qu’il existerait en Allemagne une grande pauvreté, de nombreuses personnes vivant au-dessous du seuil de pauvreté, livrées à la précarité. Est-ce que c’est une réalité ?

Non, c’est inexact. Nous avons divisé par deux au cours des dernières années le chiffre du chômage. Nous sommes passés de 5 millions de chômeurs quand Angela Merkel a assumé ses fonctions en 2005 à tout juste 2,5 millions actuellement. L’évolution de notre économie et notre situation financière sont très stables. Ceci dit, le fait est que mesuré à l’aune du revenu moyen, nous avons des gens qui ne bénéficient pas de cette évolution positive. Ce sont surtout des gens dont le niveau de formation est faible, dont l’emploi n’est pas sûr et peu rémunéré. Ce sont des gens malades ou des personnes âgées en situation précaire. Quand c’est le cas de parents, les enfants sont naturellement concernés. Nul doute qu’il faut améliorer la situation de ces gens. Tout n’est pas parfait en Allemagne. Mais prétendre que l’Allemagne se paupérise, est le fait de groupements politiques hostiles au système politique et social qui est celui de l’Allemagne.

Quel est le nombre ou le pourcentage des ces personnes en situation précaire ?

SORTIE DE L’ÉNERGIE NUCLÉAIRE

Est-ce vraiment certain que l’Allemagne sortira de l’énergie nucléaire en 2022 comme promis par la chancelière ?

Oui. La majorité des Allemands n’est pas favorable au maintien de l’énergie nucléaire. Nous avons fait de grands progrès dans les énergies renouvelables. Nous devons améliorer nos capacités de stockage d’énergie dans notre réseau de fournitures électriques. Compte tenu du changement climatique, nous cherchons à améliorer l’usage de nos combustibles fossiles. Je ne pense pas que dans un gouvernement auquel participeront les Verts, nous nous écarterions de cet objectif.

Au besoin, vous pourriez acheter du courant électrique en France ?

Nous avons un marché européen du courant électrique qui dispose de surcapacités, en effet. C’est la raison pour laquelle j’ai toujours dit qu’il fallait organiser ensemble en Europe notre réseau énergétique. Par ailleurs, nous allons vers la mobilité électrique. Si un jour en Sarre nous n’avions plus que des voitures électriques, ce serait néanmoins difficile de convaincre les Sarrois de les alimenter avec du courant nucléaire provenant de la centrale française de Cattenom. [3] Ce ne sera pas facile d’intégrer des États européens dont chacun a sa tradition et sa vision justifiée de ce qu’est sa suffisance énergétique. Je pense toutefois que si nous parvenons en Allemagne à démontrer qu’un État industrialisé peut s’approvisionner en courant payable et sûr sans avoir recours au nucléaire, cela pourrait être à l’avenir un modèle qui servira à d’autres d’orientation. On verra si nous y parvenons.

MALAISE DE LA DÉMOCRATIE           

Depuis un certain temps il est question d’un malaise de nos démocraties. En Allemagne comme en France, dans les récentes campagnes électorales, on a souvent entendu dire que nombreux étaient ceux qui ne se sentaient ni compris ni représentés par les institutions politiques et leurs élus. Qu’en pensez-vous ?

C’est ce qu’on ressent en effet. Cela dit, les humeurs et les motifs de ceux qui voient les choses ainsi sont très disparates. Il y a des gens qui disent que la politique en général ne prend pas en compte les questions importantes pour eux au quotidien. Il y a aussi ceux qui se disent insatisfaits des réponses que la politique donne à leurs problèmes. Le problème des responsables politiques tient à ce que nous vivons dans un monde très complexe où l’on ne peut guère donner les réponses simples et radicales que l’un ou l’autre voudrait entendre. Ce serait plus facile mais irresponsable.

C’est un débat qui se déroule dans toutes les démocraties évoluées du monde et qui renforce les tendances populistes chez les gens qui se sentent dépassés et voudraient emprunter des voies simples et directes qui sont malheureusement impraticables dans la complexité de notre monde actuel. Je ne crois pas que la politique à elle seule puisse donner la réponse. Notre société est façonnée par des décisions politiques, mais aussi par les décisions économiques de très grandes entreprises. A quoi s’ajoutent les millions de gens qui communiquent sur les réseaux sociaux et qui créent ensemble une réalité que la politique ne peut appréhender. Mais beaucoup de gens ne se rendent pas compte qu’ils sont partie prenante de cette évolution et qu’ils n’en sont pas seulement les victimes.

Peut-être n’est ont pas obligé de s’intéresser systématiquement à la politique ?

Exactement.

LE PROGRAMME EUROPÉEN

L’Allemagne a été soulagée de voir Emmanuel Macron gagner les présidentielles et ensuite les législatives en France, n’est-ce pas ?

Pour ce qui me concerne, je vois en lui une grande chance pour la France et pour l’Europe un homme avec lequel nous pouvons espérer pouvoir coopérer dans notre propre intérêt et dans celui de la France. . Il a forgé un vaste programme de réformes de la France et de l’Europe. Je ne sais pas ce qui sera le plus difficile, réformer la France ou réformer l’Europe. Ce qui se passerait s’il échouait et laissait sa place à une autre force, poserait un gros problème à la France et à l’Europe.

Nous autres en Allemagne nous avons aussi pas mal de chose à réformer et développer. J’ai toujours pensé que dans le cadre d’une vraie amitié franco-allemande nous pourrions et devrions nous aider réciproquement à mener à bien cette entreprise. Il pourrait s’en dégager un nouveau dynamisme pour l’Europe. D’un côté, nous devons relancer la dynamique européenne, mais de l’autre nous ne devons pas laisser à la traîne la moitié de l’Europe. Ce sera comme marcher sur le fil du rasoir. Nous sommes devant une tâche aussi difficile que le fut celle de construire l’Europe au lendemain de la Seconde Guerre mondiale.

Vous avez entendu le discours sur l’Europe qu’Emmanuel Macron a prononcé à la Sorbonne le 25 septembre dernier. Qu’en avez-vous retiré ?

Je pense que, dans la zone euro, nous avons déduit de la crise économique et financière que, lorsqu’on a une monnaie commune, on a besoin d’instruments en commun et d’idées partagées pour mettre en œuvre une politique économique et financière commune. Les visions qu’on a en Europe en matière de politique économique et financière sont très différentes. C’est donc là une chose à laquelle nous devons travailler ensemble sans nous imaginer que le risque soit nul pour chacun de nos États. En Allemagne, on pense souvent que chaque État a ses propres risques et peut s’en dédouaner au détriment des autres. Ce sera difficile de trouver l’équilibre entre les risques partagés et les risques individuels.

Je pense aussi que nous pouvons beaucoup progresser en matière de Défense. Nous avons de bonnes bases notamment dans le cadre franco-allemand…

Les Allemands accepteront-ils de faire un effort en matière de Défense s’il s’inscrit plutôt dans un cadre européen que national ?

Oui. Mais nous devons aussi réfléchir ensemble au problème global de la situation humanitaire tout autour de nous. Les problèmes que nous avons eus en Allemagne sont venus de ce que la prise en charge communautaire du problème des réfugiés n’a pas fonctionné. Comment protègerons-nous la frontière extérieure de l’Europe ? Comment règlerons-nous la situation humanitaire en Afrique ? Comment répondre au défi du Moyen-Orient ? Il nous faut mettre au point une réponse commune à ces questions parce que c’est trop lourd pour chacun de nos États pris séparément.

Avez-vous remarqué qu’Emmanuel Macron veut investir le produit de la taxe sur les transactions financières dans l’aide au développement de l’Afrique ? Cela peut la rendre plus acceptable pour l’Allemagne ?

Cela pourrait-être une bonne idée. Nous nous rendons compte aujourd’hui en Allemagne que la politique étrangère et de sécurité ne peut être séparée de la politique intérieure. Tout évènement important où que ce soit dans le monde peut agir sur la situation de nos pays. Nous nous sommes rendus compte ces dernières années en Allemagne que nous devons investir davantage en Afrique et que, si nous ne le faisons pas, les Africains viendront chez nous. On ne pourra pas construire des murs. Il y aura assez de réseaux criminels qui ouvriront des passages. J’espère que nous trouverons les moyens en tant qu’Union Européenne pour renforcer nos frontières extérieures et stabiliser la situation tout autour de l’Europe.

La politique européenne du parti libéral FDP nous inquiète un peu.  Ce parti est hostile à l’augmentation du budget européen et veut faire du Conseil des ministres de l’UE une seconde chambre du Parlement européen. Ce sont des propositions inacceptables pour la France…

Ces problèmes ont déjà été évoqués dans les pourparlers avec la Grande-Bretagne avant le Brexit. Vous voyez que l’approbation générale en Allemagne de l’Europe peut masquer des conceptions très divergentes des uns et des autres. Mais, à l’exception de l’AfD et d’une grande partie de Die Linke,[4] tous les partis estiment ici que l’État national allemand ne peut réussir que dans le cadre de l’Europe.

Récemment des voix se sont élevées en France contre la prise de contrôle des chantiers navals français STX par l’Italien Fincantieri et surtout contre celle d’Alstom par Siemens. On n’a pas entendu autant de protestations quand les Chinois ont acheté un grand aéroport français ou un club touristique ni quand les Katari et les Saoudiens s’adjugent des fleurons du sport, des services et même du commerce français. N’est-ce pas paradoxal ?

Ces réactions sont anachroniques. Si nous voulons survivre en Europe, nous devons créer des très grosses entreprises européennes. L’exemple d’Airbus est pourtant assez parlant. Si le mariage d’Alstom et Siemens réussit, ce sera bon pour nos deux pays et pour l’Europe dans son ensemble. La force de nos nations dépend aujourd’hui de coopérations renforcées européennes.

Selon vous, l’euro sera-t-il encore en circulation en 2050 ?

Je l’espère bien.

L’Europe ne va-t-elle pas imploser ?

Ce serait une vraie catastrophe. C’est un numéro d’équilibriste aujourd’hui que de faire avancer l’Europe et de maintenir sa cohésion, mais c’est probablement faisable.

Il ne semble pas que le Brexit ait fait des imitateurs contrairement à ce que l’on redoutait.

Il ressort maintenant des négociations avec la Grande Bretagne que nous sommes en présence d’un pays qui a choisi de sortir de l’UE sans en mesurer les conséquences et que c’est pour l’instant plus dissuasif qu’encourageant.

POLITIQUE INTERNATIONALE

La République fédérale a les mêmes positions que celles de la France vis-à-vis de la Russie de Vladimir Poutine. Concernant les États-Unis, Mme Merkel a coupé le cordon ombilical qui relie l’Allemagne aux États-Unis, dans un discours qu’elle a prononcé à Trudering en Bavière en juin 2017. Est-ce un virage ?

Non, nos relations avec les États-Unis restent bonnes car la politique allemande a toujours eu deux composantes qui sont au cœur de notre vision du monde, l’une est l’union européenne, l’autre la relation transatlantique. Nous ne commettrons pas l’erreur d’assimiler les États-Unis dans leur totalité à la politique de Donald Trump. La chancelière a dit clairement que nous formulerons clairement nos critiques si sa politique va dans le mauvaise sens et que, s’il persiste, nous ne ferons pas acte de solidarité. Concernant le conflit avec la Corée du Nord, Mme Merkel a souligné qu’il ne peut y avoir de solution que diplomatique et que tout ce qui a été dit jusqu’ici n’y contribuait pas. Elle n’a pas seulement le droit mais aussi le devoir de donner très clairement son avis.

Emmanuel Macron a dit que la lutte contre le terrorisme est la priorité des priorités.

Oui, car nous devons protéger la vie de nos concitoyens. Nos organes de sécurité doivent mieux coopérer et interagir, car la menace terroriste ne vise pas un seul pays mais nous tous. Les terroristes agissent sans frontières et nos services de sécurité doivent agir eux aussi sans frontières. Nous devons aussi chercher à savoir pourquoi des individus qui sont nés et ont grandi dans nos sociétés, se font terroristes. Y a-t-il chez nous quelque chose qui ne fonctionne pas ? J’avais rédigé avec Jean-Marc Ayrault un rapport sur l’état de l’intégration en Allemagne et en France. Nous avons des problèmes similaires. Une des propositions que nous avons faites est la création d’un Conseil commun à l’intégration qui se constitue cet automne. J’en fais partie.

LES FEMMES, LES HOMMES ET DIEU

La féministe allemande Alice Schwarzer a dit dans une interview du « Figaro » que Mme Merkel n’avait pas été en mesure de distinguer l’islam en tant que religion de l’islam politique comme source du terrorisme.

Je ne serais pas aussi péremptoire. Le problème est qu’il n’y a pas une église musulmane comme il y a une église catholique ou une église protestante. L’islam est multiple et varié. Ceux que nous considérons comme une menace pour notre société ouverte n’ont cure de religion. Ils ont une conception de la femme notamment qui est aux antipodes de nos valeurs. Il faut arriver à comprendre qu’on peut être musulman et vivre dans une société démocratique ouverte comme le sont la France et l’Allemagne et c’est d’ailleurs ce que font des millions de musulmans. J’aimerais aussi que les autorités religieuses des différentes tendances de l’islam prennent clairement position en faveur de cette société qui est la nôtre et se détournent de ce qui nourrit le terrorisme.

L’émancipation des femmes musulmanes est-elle la voie vers l’intégration ?

Je veux vivre dans un société dans laquelle toutes les femmes peuvent vivre leur vie comme elles le souhaitent à l’égal des hommes, qu’elles soient musulmanes, chrétiennes ou bouddhistes, une société dans laquelle aucun père ne dicte à sa fille qui elle doit épouser, dans laquelle on n’interdit à personne d’aller à l’école. Il ne peut y avoir de limitations culturelles ou traditionnelles à ces droits universels. Nous devons lutter pour eux et surtout en Europe où nous avons fait tellement de progrès en ce domaine au cours des derniers siècles.

La féminisation va-t-elle rendre la politique plus intelligente ?

Si c’était vrai, il y aurait moins de populisme, mais je constate que la politique est moins bonne là où la testostérone domine.

Pourquoi et comment êtes-vous devenue une femme politique ?

Mais parents n’étaient pas engagés dans la politique, mais ils s’y intéressaient beaucoup. Dans notre famille, on en parlait souvent et je m’y suis intéressée déjà dans mon enfance. L’évolution de l’Europe de l’Est avec Solidarnosc dans les années 1980 et ce qui se passait en Iran à l’époque m’a décidée à entrer en politique avec une autre question aussi, quand je me suis aperçue en tant que jeune fille que je n’aurai pas les mêmes chances dans notre société que les jeunes hommes de mon âge. Comment concilier la profession et la famille ? Ce sujet se pose différemment en Allemagne et en France. Je me suis dit que ça ne pouvait rester comme ça. Cela m’a politisée.

En dehors de la politique et de votre famille, à quoi vous intéressez-vous ?

La famille d’abord bien sûr. Sinon, je suis un rat de bibliothèque. Je lis beaucoup dans la mesure du temps disponible. J’ai aussi besoin de mouvement.

Croyez-vous en Dieu ?

Oui, en un Dieu miséricordieux qui accepte les défauts des hommes.

(Propos recueillis par Jean-Paul Picaper à Sarrebruck le 28 septembre 2017).



[1] Les 16 Länder ou États fédéraux (Land au singulier) qui constituent la République fédérale d’Allemagne. La Sarre est l’un d’eux.

[2] La ZF Friedrichshafen AG à Sarrebruck: automobile, aviation et nautisme.

[3] La centrale nucléaire de Cattenom, exploitée par Électricité de France (EDF), est implantée en Lorraine sur les bords de la Moselle entre Thionville (située à 10 km en amont) et en Allemagne à Trèves (à 80 km en aval), non loin des villes de Luxembourg (à 35 km), Arlon (à 42 km) et Metz (à 40 km). Le Luxembourg, la Sarre et la Belgique réclament la fermeture de cette centrale, mais un chantier est en cours pour prolonger sa durée de vie jusqu'en 2025. Les tests réalisés après l’accident de Fukushima ont déduit que cette installation industrielle était sûre et solide et divers aménagements ont été entrepris pour renforcer sa fiabilité.

[4] Le parti La Gauche (Die Linke), pendant allemand de la France Insoumise de Jean-Luc Mélenchon. L’AfD et Die Linke sont les deux partis « ultra-droite » et « ultragauche » présents au Bundestag, considérés comme ne pouvant participer à une coalition gouvernementale en raison de leurs positions doctrinales antisystème, encore que le SPD dirigé en 2017 par Martin Schulz se soit rapproché de Die Linke, ce qui a d’ailleurs contribué à sa défaite électorale.


 

Le climat en péril : le Gulf Stream est perturbé.

On s’en doutait depuis plusieurs années mais aujourd’hui les scientifiques sont formels et c’est une première. Deux études viennent en effet d’être publiées simultanément dans la revue Nature. Elles constatent un dérèglement alarmant de la circulation des courants océaniques dans l’Atlantique, ceux qui contribuent à la régulation du climat mondial. Si nous avons un climat tempéré en Europe occidentale c’est grâce au Gulf Stream. Si sa circulation ralentit ou s’interrompt, les scientifiques n’osent en imaginer les conséquences. C’est pourtant ce qui est en train de se passer.

Vous vous souvenez sans doute de ce film à succès de Roland Emmerich sorti en 2004. Le Jour d’Après imaginait une interruption de la circulation du courant océanique qui entraînait une brusque entrée de l’hémisphère nord en glaciation. Ce film catastrophe pourrait devenir une réalité. Cela fait une quinzaine d’années que les chercheurs auscultent la circulation thermohaline, c'est-à-dire la circulation des courants océaniques, notamment dans l’Atlantique. Toutes les études attestent des traces de dérèglement. Les deux études publiées le 11 avril dansNature, par leur ampleur et leurs résultats, sont les plus catégoriques. Le courant océanique n’a jamais été aussi faible depuis 1600 ans. De plus, la banquise fondant à cause du réchauffement climatique, déverse dans l’Atlantique des quantités énormes d’eau douce. Cette eau moins salée, compromet le processus de circulation océanique entre le Sud et le Nord de la planète.

Tapis roulant planétaire

La circulation océanique fonctionne comme un gigantesque tapis roulant. Son moteur est la différence de densité de l’eau de mer. Cette différence provient des écarts de température et de salinité des masses d’eau. Les eaux chaudes des zones tropicales de l'Atlantique Sud se refroidissent à l’approche des latitudes de l’Atlantique Nord.  Elles deviennent plus denses et plongent en profondeur. Le courant poursuit alors son retour vers le sud, se réchauffe et remonte en surface. Les scientifiques désignent ce phénomène sous l'acronyme d'AMOC (circulation méridienne de retournement de l'Atlantique). Ce circuit traverse le monde et régule le climat. C’est ainsi que le Gulf Stream permet à l’Europe occidentale d’avoir un climat tempéré. Si, en approchant du Nord, l’eau de l’océan ne se refroidit pas assez, d’une part, et si d’autre part, le niveau de salinité de l’eau se réduit, le tapis roulant ne fonctionne plus correctement. L’eau n’est plus suffisamment dense et salée pour plonger et opérer son retour vers le sud.

Les deux études publiées dans Nature viennent dans le prolongement d’autres recherches menées depuis des décennies. Toutes ont relevé des anomalies mais aujourd’hui, les scientifiques sont formels. Ils valident catégoriquement l’hypothèse de l’affaiblissement des courants de l’AMOC. « Les preuves que nous sommes maintenant en mesure de fournir sont les plus solides à ce jour » affirme Stefan Rahmstorf de l’Institut de Potsdam, qui a conçu l’étude. Il poursuit : « Nous avons analysé tous les ensembles de données de température de surface de la mer disponibles en comprenant des données de la fin du XIXe siècle jusqu’à nos jours. Le modèle de tendance spécifique que nous avons trouvé dans les mesures ressemble exactement à ce qui est prédit par les simulations informatiques, à savoir un ralentissement du Gulf Stream ».

 Réchauffement climatique

Cet affaiblissement est causé par plusieurs facteurs liés au réchauffement climatique de la planète.  Il est notamment le résultat de l’accroissement des précipitations, de la fonte de la banquise, des glaciers et des plateformes glaciaires, qui libèrent de l'eau douce, moins dense que l'eau salée, dans l'Atlantique Nord. « L'eau douce affaiblit l'AMOC car elle empêche les eaux de devenir assez denses pour couler », explique à l'AFP David Thornalley, de l'University College London, co-auteur d'une des études. « Si le système continue de faiblir, cela pourrait perturber les conditions météorologiques depuis les États-Unis et l'Europe jusqu'au Sahel et provoquer une hausse plus rapide du niveau des mers sur la côte est des États-Unis », avertit la Woods Hole Oceanographic Institution, qui a participé aux recherches.

Plusieurs études ont déjà alerté sur le fait que le ralentissement du courant océanique exacerberait l’élévation du niveau de la mer sur la côte américaine, menaçant directement des villes comme New York et Boston.  L’affaiblissement du Gulf Stream aurait des conséquences aussi sur l’Europe en affectant la trajectoire des tempêtes venant de l’Atlantique. Plus généralement, les conditions météorologiques européennes seraient bouleversées avec des vagues de chaleur ou de froid intense. Les météorologues expliquent ainsi que la vague de canicule de l’été 2015 est reliée à une vague record de froid enregistré dans l’Atlantique Nord. Cela semble paradoxal mais s’explique par les variations de la pression atmosphérique qui achemine l’air chaud du sud vers l’Europe.